Tentative d'extorsion envers Saad Lamjarred : mère et fille "manipulées" par une avocate "engagée auprès des femmes"
Elle estime que sa fille et elle ont été "manipulées": la mère d'une accusatrice du chanteur marocain Saad Lamjarred, soupçonnée de tentative d'extorsion pour que sa fille revienne sur son récit dans un dossier de viol, a rejeté mardi la faute sur une avocate, "engagée auprès des femmes".
Laura P., 30 ans, comparaît jusqu'à jeudi au tribunal correctionnel de Paris, pour avoir "demandé à Saad Lamjarred, par l'intermédiaire de son manager, de verser la somme de trois millions d'euros, pour retirer ses accusations de viol ou ne pas se présenter à l'audience devant la cour d'assises", a indiqué en préambule le président Alain Alcufrom.
Aujourd'hui âgé de 40 ans, le chanteur, très populaire au Maroc et dans le monde arabe, a été condamné en première instance à six ans de prison par la cour d'assises de Paris en 2023 pour avoir violé et frappé en 2016 dans une chambre d'hôtel Laura P., rencontrée dans une boîte de nuit parisienne. Il a fait appel de cette décision.
En tailleur gris, Laura P. s'est assise mardi à la place des prévenus, avec cinq autres personnes soupçonnées d'avoir tenté de monnayer le clan Lamjarred, dont sa mère, une avocate et une influenceuse.
Cette fois côté parties civiles, Saad Lamjarred, cheveux teints en blond, manteau anthracite, a pris place aux côtés de sa femme.
- Nom "très sali" -
"Je n'aurais jamais accepté de payer (...) Ca fait neuf ans que je suis ici en France pour contester les faits de viol", a notamment soutenu le chanteur à la barre.
En octobre 2024, une avocate du barreau de Paris a pris attache avec Laura P., disant "défendre la cause des femmes" et vouloir l'aider à obtenir un "règlement financier" dans cette affaire. La victime et sa mère la rencontrent à Paris et lui communiquent le dossier.
"Depuis le début de cette affaire, Laura cherche l'aide d'associations" qui refusent face à son "ampleur", explique à la barre sa mère Olga P., assistante à la caisse d'allocations familiales et par ailleurs artiste de rue.
"Son nom a été très sali dans la presse, elle pense au suicide, moi-même je suis fatiguée (...) Et on a cette avocate - qu'elle appelle "Isabelle" - qui se présente avec beaucoup de bienveillance, qui lui tend la main", poursuit Olga P., carré blond et pull marron, espérant qu'elle puisse trouver une réponse face à sa perte de confiance en la justice.
Quelques semaines plus tard, l'avocate prend attache avec le manager de Saad Lamjarred, se présentant comme "Aïda", une amie de la famille de Laura P. Méfiant, le manager enregistre la conversation.
"Ce qu'on veut simplement est que cette histoire soit clôturée une bonne fois pour toute (...). Ça permettra à notre avis d'éviter une bonne partie de la condamnation. Si la victime d'un procès ne se présente pas devant une cour d'assises, les jurés auront une difficulté à percevoir la culpabilité", promet "Aïda" sur cet audio diffusé à l'audience.
- "A l'amiable" -
Lors d'une rencontre quelques semaines plus tard, trois millions d'euros sont demandés au représentant de l'artiste pour que Laura P. revienne sur son récit.
Le clan Lamjarred ne donnant pas suite, un autre homme se présentant comme un ami de la famille de Laura P., "Vincent", contacte directement le chanteur en mai pour le relancer. Celui-ci porte alors plainte, donnant lieu à l'ouverture d'une enquête.
"Non, je n'ai pas essayé d'extorquer Monsieur Lamjarred ! On est victimes et on a été manipulées !", clame Olga P., en larmes dans la salle d'audience.
La responsable dans toute cette histoire ? "Isabelle", qui lui a présenté "le règlement financier" comme "une solution à l’amiable qui se fait en justice mais qui n’est pas dite".
En raison de cette affaire, le procès en appel pour le viol de Laura P. a été renvoyé et ne s'est pas encore tenu.
Saad Lamjarred doit aussi être jugé par la cour d'assises du Var du 11 au 15 mai pour le viol d'une jeune femme rencontrée en discothèque près de Saint-Tropez en 2018. Un viol qu'il conteste là encore.
N.Baggi--IM