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Le maire de Berlin renonce à se représenter sur fond de scandale
Le maire de Berlin renonce à se représenter sur fond de scandale / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP/Archives

Le maire de Berlin renonce à se représenter sur fond de scandale

Le maire conservateur de Berlin Kai Wegner a renoncé vendredi à briguer un second mandat, à deux mois des élections dans la capitale allemande, embourbé dans sa gestion de crise en réaction à une coupure d'électricité massive d'origine criminelle en janvier.

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"Je renonce à être tête de liste", a dit lors d'une conférence de presse M. Wegner, 53 ans, qui dirigeait la capitale depuis avril 2023 à la tête d'une coalition avec les sociaux-démocrates.

"Je n'y arrive plus, je ne parviens plus à faire passer des messages, parce qu'un autre débat prend le dessus sur tout le reste", a reconnu le chef de file de l'Union démocrate-chrétienne (CDU) berlinoise, en perte de vitesse dans les sondages.

Selon une enquête d'opinion de l'institut Infratest dimap diffusé début juillet, la CDU ne recueillerait plus que 17% des voix, reculant à la 4e place derrière la gauche radicale, les écologistes et l'extrême droite, alors qu'elle était encore en tête au printemps.

- Tennisgate -

Son renoncement est la conséquence de plusieurs révélations embarrassantes sur la façon dont il avait adapté son agenda personnel à la coupure d'électricité du 3 janvier.

Ce jour-là, en pleine vague de froid hivernale, l'incendie criminel d'une installation électrique dans le sud-ouest de la capitale avait plongé dans le noir plus de 100.000 personnes, privé certains de chauffage, coupé les réseaux mobiles et internet et paralysé les transports en commun.

Quelque 45.000 foyers sont restés sans courant pendant près d'une semaine.

Très vite, Kai Wegner est pointé du doigt pour ne s'être pas rendu sur place en soutien aux habitants touchés, et pour une pause tennis qu'il s'est accordé à la mi-journée.

Il ne cessera par la suite d'être moqué pour ce "tennisgate".

Le maire se justifie en expliquant avoir été plus utile à passer ses appels à distance, de son domicile, ce qu'il a dit à plusieurs reprises avoir fait tout le reste de la journée, et ce dès 8h00 du matin.

Or, le relevé des communications du maire, obtenus par voie judiciaire par le journal Tagesspiegel, montrent qu'aucun appel officiel n'a été passé avant 12h45, le maire échangeant jusque-là par SMS.

Avec ces dernières révélations, Kai Wegner est redevenu la cible des autres partis, le candidat social-démocrate Steffen Krach estimant qu'il avait "gravement porté atteinte" à sa fonction et s'était "disqualifié".

"Oui, j'ai commis des erreurs de communication" et "c'était vraiment une bêtise", a déclaré vendredi M. Wegner, qui avait admis ces erreurs dès fin mars.

M. Wegner n'a pas voulu indiquer de préférence pour lui succéder à la tête de liste. L'adjoint aux Finances Stefan Evers est considéré comme le favori.

- Finances en souffrance -

Les élections de Berlin - qui est à la fois une ville et l'un des 16 Etats régionaux allemands - se tiendront le 20 septembre. Une coalition entre partis de gauche semble en l'état des enquêtes d'opinion l'option la plus plausible à ce stade.

A l'image de l'Allemagne, en plein marasme économique et dont les infrastructures paient des années de sous-investissement, Berlin doit faire face à des moyens financiers en souffrance et à une lourdeur administrative qui pèsent sur ses services publics.

Travaux interminables, ramassage des ordures défaillant, pénurie de logements dans un contexte de hausse rapide des loyers en sont les principales traductions.

Les difficultés de M. Wegner et de la CDU berlinoise font écho à celles de Friedrich Merz, chancelier à l'impopularité record après un peu plus d'un an au pouvoir, là aussi au sein d'une coalition avec le SPD.

La CDU est désormais largement devancée dans les sondages nationaux par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pourrait s'imposer dans les deux autres scrutins régionaux de septembre, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale,situées à l'est du pays, son bastion électoral.

V.Agnellini--IM