Grèce: 281 arrestations pour incendies criminels en 2026, toujours de nouveaux feux
Plus de 280 personnes ont été arrêtées en lien avec des incendies criminels depuis le début de l'année en Grèce, où de nouveaux incendies ont été signalés mercredi, attisés par la chaleur et les fortes rafales de vents.
Au total, "281 arrestations ont été effectuées, dont 252 (89,68%) pour incendie déclenché par négligence et 29 (10,32%) pour départ de feu volontaire", a indiqué un porte-parole des pompiers, Yannis Artopios, s'exprimant sur la chaîne de télévision publique ERT.
Mercredi matin, un homme de 59 ans a été arrêté à Thessalonique, dans le nord de la Grèce, pour son implication dans au moins cinq incendies en deux semaines.
- "Trop de pression..." -
D'après ERT, il a déclaré au procureur avoir mis le feu en raison "de pressions subies" à son travail, et sera présenté au juge d'instruction vendredi.
Un autre homme, âgé de 33 ans, a été interpellé mardi, dans la région d'Athènes, en Attique, pour avoir allumé un barbecue portable dans une zone boisée. Il a écopé d'une amende de 3.000 euros, selon les médias locaux.
Entre janvier et août 2024, 360 arrestations pour incendies criminels avaient eu lieu, mais seulement 12 personnes avaient été placées en détention provisoire, selon les pompiers grecs.
Sur la même période en 2025, 315 arrestations avaient été effectuées, et neuf personnes placées en détention provisoire, selon la même source.
Dans le même temps, 1.525 amendes d'un montant total de 1,7 million d'euros ont été infligées en 2024, et 779 amendes totalisant 970.000 euros en 2025.
Le gouvernement conservateur a décidé depuis 2024 de durcir les sanctions contre les auteurs d'incendies. Ils peuvent être condamnés à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison et à une amende pouvant atteindre 200.000 euros.
Au total, 43 incendies ont éclaté pour la seule journée de mardi selon les pompiers.
- Colline interdite -
Mercredi, deux incendies concentraient l'attention des pompiers, l'un dans le nord de la Grèce, dans les montagnes du Rhodope, où est situé un important massif forestier qui s'étend jusqu'à la Bulgarie voisine.
L'autre feu a éclaté à l'ouest d'Athènes, entraînant l'évacuation momentanée de plusieurs villages. Dans l'après-midi, la situation "s'est améliorée" avec l'envoi de renforts sur place, a rapporté l'agence de presse Ana.
Jeudi, le dispositif étatique sera placé en état d'alerte maximale en raison d'un risque d'incendie extrême (niveau 5, le plus élevé) annoncé notamment pour l'Attique, la Grèce centrale ainsi que pour le nord-est du Péloponnèse.
Par précaution, la mairie d'Athènes a décidé de fermer la circulation en véhicule ou à pied sur la colline du Lycabète, l'un des poumons verts de la capitale.
En Chalcidique, dans le nord de la Grèce, la région a de même interdit tout déplacement dans les zones boisées.
Il y a dix jours, au nord-ouest de la capitale grecque, près d'une station balnéaire, un incendie a détruit plus de 11.000 hectares de pinède, maquis et terres agricoles.
En raison de rafales de vent allant jusqu'à 130 km/h, ce feu n'a été circonscrit qu'au bout de cinq jours. Deux membres d'équipage d'un hélicoptère ont péri lors d'une collision avec un autre appareil, en luttant contre les flammes.
Sur la chaîne de télévision Skaï, le ministre de la Crise climatique et de la Protection civile, Evangelos Tournas, a évoqué en début de semaine les difficultés de cette période d'été.
"Nous avons traversé dix jours difficiles, marqués par des vents violents et des conditions météorologiques très défavorables", a-t-il déclaré.
"Nous avons dû faire face à plus de 400 incendies durant cette période", a ajouté le ministre.
Des experts ont mis en garde contre la gravité des incendies ayant touché l'Attique, où se trouve Athènes, au cours de la dernière décennie: 42% de la superficie forestière totale de cette région a brûlé entre 2017 et 2026, du fait de 15 grands incendies.
Ce chiffre s'élève jusqu'à 64% pour les forêts de l'Attique occidentale, à l'ouest de la capitale.
P.Russo--IM