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La Colombie recherche les centaines de disparus du séisme
La Colombie recherche les centaines de disparus du séisme / Photo: Luis ACOSTA - AFP

La Colombie recherche les centaines de disparus du séisme

Les chances de retrouver des survivants ont beau être très minces désormais, la Colombie continue vendredi de chercher les centaines de disparus dans les bâtiments réduits en ruines par le puissant séisme survenu lundi.

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Pendant quatre jours déjà, secouristes et bénévoles ont fouillé des montagnes de décombres, dans l'espoir d'en arracher des rescapés.

Le séisme de magnitude 7,4 qui a frappé plusieurs villes de la côte pacifique et de la région caféière, dans l'ouest du pays, a fait 287 morts, près de 4.000 blessés et 378 disparus, selon l'organisme de gestion des risques.

Casque sur la tête et lampe torche à la main, Hernan Giraldo croit son fils Juan Felipe, 24 ans, encore vivant sous les décombres d'un hôtel de Pereira, l'une des villes les plus meurtries par la catastrophe.

Le jeune homme devait se marier ce dimanche. "S'il s'en sort, le mariage aura lieu plus tard (…) ce qui compte, c'est qu'il soit en vie", a déclaré à l'AFP ce père de 43 ans, qui dit ressentir une "très forte" espérance.

Dans cette ville de 480.000 habitants, un bénévole, ingénieur du son, demande à pouvoir entrer dans un site effondré pour glisser des microphones entre les tôles tordues et les murs déformés.

Néstor Vélez, 45 ans, espère pouvoir apporter une aide, si on le laisse "installer les microphones et dire aux éventuelles victimes de nous donner un signe de vie", explique-t-il.

Tandis que les recherches se poursuivent, des engins de chantier ont commencé à déblayer les gravats à plusieurs endroits du pays, là où la présence de survivants est écartée.

L'odeur âcre des corps en décomposition flotte dans les quartiers les plus dévastés.

- Morgues -

À Cali, troisième ville du pays, une partie de la morgue s'est effondrée.

Les corps retrouvés dans les décombres sont donc transportés vers Palmira, à 30 kilomètres de là.

Des capacités de réfrigération supplémentaires ont du être mises en place et des équipes ont afflué d'autres villes pour se relayer 24 heures sur 24.

Vendredi matin, une vingtaine de personnes patientaient près de cette morgue, dans l'attente de nouvelles de proches, disparus ou morts.

Dans des tentes non loin de là, leur sont proposés un soutien psychologique, à manger et à boire. Un espace dédié à la prière a également été installé.

Luis Arturo Rios a cherché une amie disparue pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'on lui annonce que son corps se trouvait ici. "Nous attendons de récupérer le corps pour pouvoir l'inhumer", dit le septuagénaire.

Maria Alejandra Hernandez attend elle aussi, pour récupérer les corps de trois membres de sa famille. "Nous traversons une situation extrêmement difficile et compliquée (...), mais nous nous sommes sentis très bien accompagnés", affirme-t-elle.

Le président Abelardo de la Espriella, entré en fonctions il y a tout juste une semaine, fait face au défi de gérer la crise née du séisme le plus meurtrier de ce début de siècle en Colombie.

Il a effectué des visites éclair dans les villes sinistrées, où il a promis des aides au paiement des loyers pour les personnes de retrouvant sans toit.

De nombreux pays dont les Etats-Unis, alliés historiques de la Colombie, mais aussi l'Union européenne, ont apporté leur aide au pays sud-américain.

La Banque mondiale a annoncé vendredi avoir décaissé 200 millions de dollars d'aide d'urgence et lancé une évaluation de l'impact économique du séisme.

- Solidarité nationale -

Dans tout le pays, des milliers de personnes rassemblent nourriture, eau, médicaments et vêtements pour les sinistrés.

Environ 13.000 logements ont été détruits et des familles entières se retrouvent sans abri.

Le plus grand stade de Bogota a été aménagé pour recevoir des tonnes de dons. Des centaines de volontaires y forment des chaînes humaines pour faire passer les vivres jusqu'à la zone de tri, a constaté l'AFP.

À Quibdo, capitale du département du Choco, l'un des plus pauvres du pays et épicentre du séisme, des dizaines de personnes ont improvisé un abri dans un gymnase.

Des personnes âgées s'y reposent sur des matelas, tandis que des bénévoles servent du café et des empanadas.

La situation des enfants est délicate, expliquent les habitants. Certains ont "de la fièvre", selon Carmen Hernandez, présidente d'une association de migrants vénézuéliens.

V.Barbieri--IM