Les Bourses mondiales cèdent du terrain face à la débandade de la tech
Les Bourses mondiales évoluent dans le rouge mardi, ployant sous le poids des doutes concernant la rentabilité de l'intelligence artificielle et les gigantesques valorisations dans les secteurs de la tech et des semi-conducteurs.
En Europe, à la mi-séance, vers 11H20 GMT, Francfort perdait 1,16%, Milan 1,30%, Paris 0,75%, et Londres 0,49%.
A Wall Street, le contrat à terme sur le Nasdaq, l'indice spécialisé sur les valeurs technologiques, reculait de 2,71%. Celui sur l'indice élargi S&P 500 cédait 1,38%. Pour le Dow Jones, il reculait de 0,53%.
En Asie, Tokyo a cédé 3,55% et Taipei 1,34%. Séoul a dégringolé de 9,99%.
L'humeur des marchés est plombée par "la correction des valeurs technologiques", résume John Plassard, de Cité Gestion Private Bank. A Wall Street, la veille, les géants du secteur avaient déjà chuté, à l'image de Meta (-2,32%), Microsoft (-3,20%), SpaceX (-16,40%).
Cela a notamment fait suite à l'annonce "de SpaceX d'emprunter jusqu'à 20 milliards de dollars", rappelant que sa "récente introduction en Bourse n’a pas suffi à apaiser les besoins de financement de l’entreprise", selon Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.
Cette annonce a réveillé des craintes, qui font régulièrement surface, quant aux valorisations du secteur et à la rentabilité future de ses investissements massifs pour développer l'intelligence artificielle.
Les inquiétudes suscitées par le départ de deux de ses spécialistes de l'intelligence artificielle, pour rejoindre des concurrents ont d'autant plus plombé Alphabet, qui a chuté de 5,02%.
Enfin, "les marchés commencent à prendre conscience que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait relever ses taux dès juillet", face à la montée de l'inflation dans la première économie mondiale, selon Neil Wilson, de Saxo Markets.
Or, "nous avons assisté à un afflux de capitaux si massif et si rapide vers les secteurs de la technologie et de l’IA que ce type de réévaluation des taux ne manquera pas d’entraîner des sorties précipitées", a-t-il ajouté.
- Les semi-conducteurs en souffrance -
Les entreprises de semi-conducteurs, indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d'IA, dévissent partout.
A Séoul, Samsung Electronics a dégringolé de 12,31% et SK hynix de 12,47%. A Tokyo, Kioxia a dévissé de 15,09%. En Europe, Infineon 5,39% à Francfort, ASML perdait 4,90% à Amsterdam et STMicroelectronics 7,77% à Paris.
Ce secteur est devenu au fil des mois le principal moteur des marchés d'actions mondiaux. Mais désormais, "les investisseurs prennent quelques bénéfices après" ce "spectaculaire +rallye+", estime John Plassard.
- Le pétrole se stabilise -
Autre point d'attention des marchés: les discussions entre Téhéran et Washington pour aboutir à un accord final au Moyen-Orient.
Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides" pour "un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance. Les Etats-Unis annonçant une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.
Reste que Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, et a refusé l'accès à ce stade d'inspecteurs nucléaires de l'AIEA à ses sites clés bombardés, nouveau point d'achoppement dans le règlement du conflit au Moyen-Orient.
Sur le terrain, la situation reste incertaine. Le Hezbollah a dénoncé mardi une "violation flagrante" du cessez-le-feu après des tirs israéliens ayant fait deux morts dans le sud du Liban, selon un média d'Etat, malgré une accalmie depuis samedi soir.
Après avoir ouvert en recul, vers 11H10 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, restait stable (-0,04%) à 77,87 dollars. Son équivalent nord-américain, le WTI, était aussi à l'équilibre (-0,03%) à 73,84 dollars.
Le dollar prenait 0,26% face à l'euro, à 1,1398 dollar pour un euro. Côté obligataire, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence européenne, atteignait 2,92%, contre 2,95% la veille en clôture.
A.Uggeri--IM