Wall Street lève le pied après des résultats de géants de la tech
La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, prudente sur la direction à prendre après la publication de résultats trimestriels de plusieurs grands noms du secteur technologique, accueillis de façon théâtrale par les investisseurs.
Vers 15H10 GMT, le Dow Jones reculait de 0,10%, l'indice Nasdaq à forte coloration technologique perdait 1,51% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,68%.
"L'attention s'est désormais déplacée de la géopolitique, qui était le moteur la semaine dernière, vers les résultats d'entreprise cette semaine", commente auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA.
Les investisseurs ont de quoi s'occuper: cette semaine, environ 20% des sociétés composant le S&P 500 doivent dévoiler leurs performances financières.
Mercredi soir, après la clôture, c'était au tour de plusieurs poids lourds technologiques.
La place américaine "se réjouit des bons résultats de Meta. Même si l'entreprise a augmenté ses dépenses d'investissement, ses bénéfices et ses revenus ont été nettement plus élevés, ce qui, d'une certaine manière, a convaincu le marché", souligne Sam Stovall.
Et les prévisions du groupe de Menlo Park (Californie) pour le premier trimestre de l'année en cours dépassent largement les calculs des analystes.
Vers 15H10 GMT, le titre Meta bondissait de 7,59%, à 719,50 dollars, soit un gain de capitalisation boursière de plus de 150 milliards de dollars.
Un accueil bien différent de celui réservé aux précédents résultats de l'entreprise. L'action Meta avait alors chuté de plus de 11%.
Cette fois, c'est Microsoft qui subit la sévérité des investisseurs.
En dépit de résultats trimestriels en hausse, et supérieurs aux attentes, le groupe de Redmond (Etat de Washington) voit son titre décrocher de plus de 11%, représentant une perte d'environ 50 milliards de dollars de valorisation.
"Ses activités dans le cloud (informatique à distance, NDLR) ont finalement été un peu décevantes", juge Sam Stovall.
Malgré un chiffre d'affaires dépassant pour la première fois les 50 milliards de dollars sur cette activité, la marge brute de Microsoft Cloud a reculé à cause des investissements massifs dans les centres de données pour l'intelligence artificielle (IA).
"Microsoft est également très étroitement lié à OpenAI", pionnier de l'IA dont les derniers modèles "suscitent un certain scepticisme par rapport à Gemini de Google et Anthropic", estime Ryuta Makino, de Gabelli.
Côté indicateurs, le déficit commercial des Etats-Unis s'est établi à 56,8 milliards de dollars au mois de novembre, près de deux fois plus élevé qu'un mois plus tôt, sous l'effet combiné d'une baisse des exportations et d'une hausse des importations.
C'est pire que ce qu'avaient anticipé les analystes, qui tablaient sur un creusement à 42,9 milliards de dollars, selon le consensus publié par MarketWatch.
Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont elles ressorties légèrement au-dessus des attentes jeudi, à 209.000 demandes.
Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait légèrement par rapport à la veille, évoluant à 4,25% vers 15H10 GMT, contre 4,24% à la clôture mercredi.
D'autres résultats trimestriels venaient animer le marché jeudi.
Ceux du constructeur automobile américain Tesla (-0,95% à 426,37 dollars), dirigé par le milliardaire Elon Musk, étaient accueillis avec une pointe de scepticisme par les investisseurs.
Le bénéfice net a chuté de 61% à 840 millions de dollars, bien loin des attentes. Mais celui rapporté par action a fait mieux qu'anticipé, à 50 cents.
Lors d'une audioconférence avec des analystes, Elon Musk a dit envoyer "un message d'optimisme concernant l'avenir, car nous nous dirigeons probablement vers une enthousiasmante et extraordinaire ère d'abondance".
Le groupe informatique américain IBM (+6,61% à 313,60 dollars) était lui en forme, après avoir publié un chiffre d'affaires et un bénéfice net par action meilleurs qu'escomptés lors des trois derniers mois de 2025.
S.Carlevaro--IM