La Bourse de Paris cède face aux craintes inflationnistes
La Bourse de Paris a terminé en net recul mardi, plombée par la flambée du prix des hydrocarbures avec la guerre au Moyen-Orient, qui ravive les craintes d'inflation sur le continent européen et fait monter les taux d'intérêt.
Le CAC 40 a perdu 3,46%, à 8.103,84 points, soit un recul de 290,48 points. Il s'agit de la pire baisse de l'indice parisien depuis le 7 avril 2025, quand il avait perdu 4,78% après l'annonce de droits de douane massifs aux Etats-Unis par Donald Trump.
Les marchés "commencent à prendre la mesure de ce qu'il se passe et de l'intensification du conflit", même s'il "est vraiment trop tôt pour tirer une conclusion", relève David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.
"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.
Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran a attaqué mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.
Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.
Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.
Or, "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", relève David Kruk.
"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a d'ailleurs déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.
Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat ont grimpé sur le Vieux Continent.
Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le rendement de la dette français a atteint 3,37%, contre 3,28% la veille en clôture. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,75%, contre 2,71% lundi soir.
Les équipementiers en souffrance
Les équipementiers automobiles ont nettement reculé à Paris, dans la foulée des résultats de leur concurrent allemand Schaeffler, qui a dévoilé des prévisions pour l'année 2026 sévèrement sanctionnées par les investisseurs, avec une marge d'exploitation ajustée estimée entre 3,5% et 5,5% et la poursuite des pertes dans sa division produisant des pièces pour voitures électriques et hybrides.
OPmobility a perdu 8,13% à 15,02 euros, Valeo 6,56% à 11,05 euros et Forvia 6,60% à 10,75 euros.
L.Marino--IM