La Bourse de Paris recule, emportée par les actualités de Stellantis et d'Airbus
La Bourse de Paris a terminé en léger recul jeudi, emportée notamment par la guerre au Moyen-Orient, l'annonce de réduction des capacités de production de Stellantis et la condamnation d'Airbus dans l'affaire du crash du vol Air France Rio-Paris en 2009.
L'indice du CAC 40 a perdu 31,42 points (-0,39%) restant tout juste au dessus du seuil symbolique des 8.000 points (8.086,00). La veille, l'indice vedette parisien avait enregistré une nette hausse de 1,70% à 8.117,42 points.
Les nouvelles du conflit au Moyen-Orient sont toujours contradictoires. La situation est "sur le fil", entre un accord ou une reprise des hostilités, a déclaré le président américain Donald Trump.
La guerre va "durer", "sous une forme ou une autre", avec un retour à la normale au plus tôt entre "l’été et l’automne" pour l'économie mondiale, a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, lors d'une conférence de presse commencée juste avant la fermeture des marchés.
En l'absence d'avancée vers la réouverture du détroit d'Ormuz, le prix du pétrole se stabilisait à des niveaux élevés (107,20 dollars le baril de Brent de mer du Nord, +2,08%).
Comme les autres places boursières, Paris n'a pas été dopée par l'annonce mercredi soir des bénéfices de Nvidia (micro-processeurs), première capitalisation boursière et symbole de l'euphorie des investisseurs dans l'IA.
"On s'habitue aux bonnes surprises sur Nvidia", commente Frédéric Rozier, responsable de la gestion de portefeuilles chez Mirabaud.
Par ailleurs, la communication de Nvidia marque la fin de la saison des résultats, et le retour à une actualité marquée par l'absence de solution dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Toutes les publications sont passées, donc on n'attend plus rien de la micro. Et maintenant, on va regarder l'actualité: dérive inflationniste, avec un baril qui ne se dégonfle pas, des rendements obligataires qui sont dans les seuils critiques d'alerte", résume Frédéric Rozier.
En France, l'activité au sein du secteur privé a connu son plus fort recul en mai en cinq ans et demi selon l'indice PMI Flash publié jeudi.
Face à l'inflation, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever son taux de dépôt lors de sa prochaine réunion mi-juin.
En attendant, les taux d'emprunt des Etats sur les marchés obligataires se stabilisent également à un niveau élevé. Le rendement français sur dix ans terminait la journée à 3,73% contre 3,71% la veille.
- Stellantis et Airbus délaissés par les investisseurs -
Au palmarès du jour, le groupe Airbus a enregistré la plus forte chute du jour (-4,27% à 165,96 euros l'action).
Le fabricant d'avions s'est pourvu en cassation après sa condamnation en appel pour homicides involontaires dans l'affaire du crash du vol Air France Rio-Paris en juin 2009 (228 victimes).
Egalement condamné, Air France qui s'est également pourvu en cassation, a reculé plus légèrement (-0,98% à 10,09 euros) sur l'indice élargi du SBF 120.
Le titre du constructeur automobile Stellantis a limité la casse en fin de journée (-1,68% à 6,32 euros), après une suspension momentanée de la cotation à la mi-journée lorsque le titre perdait 6%.
Les investisseurs ont mal réagi à l'annonce du plan stratégique du constructeur (plan d'investissement de 60 milliards d'euros, réduction des capacités de production de 17% en Europe, etc.).
Hors CAC 40, le groupe pharmaceutique Maat Pharma a reculé de 55,79% à 2,98 euros après un avis négatif d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament.
Le groupe de restauration collective Elior a cédé plus de 26% sur le SBF 120 à 2,06 euros l'action, après avoir annoncé un bénéfice net divisé par deux pour son premier semestre décalé.
P.Conti--IM