Carburants: le plafonnement en France a coûté 200 M d'euros à TotalEnergies depuis le début de la guerre
Le PDG de TotalEnergies a affirmé mercredi devant une commission parlementaire que le plafonnement du prix de ses carburants en France avait entraîné pour son groupe un manque à gagner de l'ordre de 200 millions d'euros depuis le début de la guerre en Iran.
"Le plafond est inférieur au prix de revient", a-t-il également assuré, ajoutant que le modèle intégré du géant pétro-gazier, du champ pétrolier jusqu'à la distribution, et de bons résultats qui permettent au groupe de "financer" ce plafonnement.
Contacté par l'AFP, le ministère français de l'Economie a renvoyé vers la direction du groupe.
Patrick Pouyanné, accusé de concurrence déloyale vis-à-vis des autres exploitants de stations-services, notamment dans la grande distribution, a aussi laissé entendre que dans le contexte actuel, il vendait son carburant à perte du fait de ce plafonnement.
"On en est à peu près à 200 millions d'euros" de coût pour ce plafonnement du carburant depuis le début du conflit au Moyen-Orient, a déclaré le PDG de TotalEnergies, interrogé par le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale française Eric Coquerel (LFI, gauche radicale).
Il s'agit d'un calcul approximatif, sur la base de ce qu'aurait pratiqué le groupe comme prix dans ses stations-services indépendamment de la crise, précise-t-il.
Mercredi, le PDG a répondu pendant plus de deux heures au feu roulant des questions des députés de la commission des Finances sur sa fiscalité et la question des superprofits, et du rapporteur de la mission flash sur la taxation des carburants.
Le groupe est régulièrement critiqué pour la faiblesse de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses bénéfices mondiaux et d'autant plus que le conflit au Moyen-Orient a dopé ses revenus pétroliers, ce qui a relancé le débat sur l'opportunité de taxer les "superprofits".
TotalEnergies a enregistré au 1er trimestre 4,96 milliards d'euros de bénéfices, un bond de 51% sur un an.
Devant les députés, le patron a de nouveau défendu son mécanisme de plafonnement, apprécié des consommateurs et salué par un gouvernement aux maigres marges budgétaires, répétant être "la seule compagnie pétrolière" à l'avoir fait dans le monde.
"Donc, critiquer" cette mesure (...) j'avoue avoir du mal à le comprendre", a-t-il réagi, en réitérant aussi ses menaces de retirer le plafonnement en cas de surtaxation.
"Si le Parlement s'orientait vers une taxation supplémentaire, nous en tirerons les leçons (...). On ne peut pas vouloir nous prendre deux fois la même argent", a-t-il dit.
I.Pesaro--IM