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L'UE inflige 890 millions d'euros d'amendes à Google, risquant la colère de Trump
L'UE inflige 890 millions d'euros d'amendes à Google, risquant la colère de Trump / Photo: Nicolas TUCAT - AFP

L'UE inflige 890 millions d'euros d'amendes à Google, risquant la colère de Trump

L'UE a infligé jeudi à Google un total de 890 millions d'euros d'amendes, pour des atteintes à la concurrence dans la recherche en ligne et au sein du magasin d'application Google Play, au risque d'une nouvelle crise avec Washington.

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Ce montant global représente la sanction la plus élevée prononcée par Bruxelles contre une entreprise au titre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), une puissante loi européenne visant à réprimer les abus de position dominante des géants de la tech.

Dans le détail, Google a été sanctionné à hauteur de 460 millions d'euros pour avoir favorisé ses propres services (tels que les comparateurs de prix, de vols ou d'hôtels) dans les résultats de son moteur de recherche, Google Search.

S'y ajoute une seconde amende de 430 millions d'euros, pour avoir empêché les développeurs utilisant son magasin d'applications, le Play Store, d'orienter les clients vers d'autres points de vente virtuels.

Cette pratique, appelée "anti-steering" est strictement prohibée par le DMA.

"C'est une décision très importante", a affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, soulignant qu'elle visait à "garantir un terrain de jeu équitable" pour toutes les entreprises en ligne.

Le géant technologique américain a de son côté pourfendu cette décision, qui va conduire selon lui à dégrader des services pourtant prisés des internautes.

"Pour nous y conformer, nous sommes obligés de retirer des fonctionnalités de recherche en temps réel que les Européens apprécient, comme l'affichage des prix instantanés et la disponibilité directe des hôtels, des vols et des restaurants, et de démanteler des protections en matière de sécurité sur Google Play", s'est insurgé Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, dans une déclaration transmise à l'AFP.

- "Prétexte à des représailles" -

Cette nouvelle sanction, même si elle ne représente que 0,22% du chiffre d'affaires mondial de Google, risque d'alimenter la colère de Washington contre la réglementation numérique européenne, accusée par l'administration Trump de cibler les champions américains du secteur.

A ce propos, 25 parlementaires républicains ont écrit cette semaine au président américain pour lui demander des représailles contre l'UE, si elle persistait à exercer "des lois, politiques ou pratiques discriminatoires" contre les entreprises américaines.

"Nous avons le devoir de nous assurer que les lois adoptées par nos institutions souveraines sont pleinement appliquées et respectées", a insisté Teresa Ribera, responsable de la Concurrence au sein de la Commission.

Cette amende "ne doit pas servir de prétexte à des représailles des États-Unis", a de son côté mis en garde l'eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D, gauche), affirmant que "ce qui est interdit hors ligne, doit l'être aussi en ligne".

Google, qui a d'ores et déjà proposé ou instauré des mesures pour tenter de se conformer au DMA, va devoir se plier à cette décision dans les 60 jours, sous peine d'amendes supplémentaires.

- "Il était grand temps" -

"Il était grand temps que la Commission applique la loi", a estimé l'organisation de consommateurs européenne BEUC, jugeant que "Google avait limité les choix des consommateurs et rétréci la concurrence".

"Ces amendes sont de l'argent de poche pour Google", a raillé Max von Thun, directeur de l'ONG Open Markets Institute, exigeant une application beaucoup plus sévère du DMA.

Précédemment, Bruxelles avait sanctionné Apple et Meta au titre du DMA, mais pour des montants inférieurs (500 et 200 millions d'euros respectivement).

C'est un nouveau revers pour Google, qui voit les décisions défavorables s'accumuler en Europe.

La semaine dernière, Bruxelles lui a imposé d'ouvrir son système d'exploitation Android à des services d'intelligence artificielle concurrents de son assistant Gemini et de partager les données collectées par Google Search avec ses rivaux.

La Commission lui a en outre infligé en septembre dernier une amende de 2,95 milliards d'euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne.

T.Abato--IM