Attaque à la gay pride de Berlin: le suspect islamiste tué par la police
Un jeune Allemand d'origine libanaise a été tué dimanche soir par la police dimanche soir à Berlin, selon les autorités qui le considèrent comme l'auteur de l'attaque la veille à la voiture-bélier et à l'arme blanche en marge de la gay pride, qui a fait un mort et une trentaine de blessés.
"Selon les informations dont nous disposons à ce stade, (le suspect) aurait couru en direction de nos forces d'intervention muni d'une arme blanche". Les membres de l'unité spéciale "SEK-Berlin ont alors fait usage de leurs armes à feu", a indiqué la police de Berlin sur X.
Malgré l'intervention des pompiers, "l'homme est décédé sur les lieux", selon la police.
L'opération a eu lieu dans un jardin ouvrier dans l'arrondissement Spandau de Berlin.
Plus tôt, le ministre allemand de l'Intérieur Alexander Dobrindt avait revu à la hausse le bilan des victimes avec 29 blessés, contre 16 auparavant.
La victime décédée est une femme. Alors que la veille, les pompiers avaient fait état de 3 blessés en état d'urgence, personne ne semble plus être "en danger de mort", a annoncé le chancelier Friedrich Merz lors d'un office religieux à l'église Sainte-Marie de Berlin.
Le suspect, dont le ministre a dévoilé le nom, Abdul Ballout, était un "citoyen allemand d'origine libanaise" de 21 ans et au casier judiciaire lourd d'une fait d'"une radicalisation, et son appartenance au milieu islamiste", a ajouté M. Dobrindt, avant l'annonce de la mort du sympathisant présumé du groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Si Abdul Ballout a été condamné à une peine privative de liberté mais pas incarcéré, c'est parce que ses six mois de détention provisoire en Allemagne et ses trois mois de détention au Liban ont été pris en compte, ainsi que le fait d'avoir reconnu les faits, explique le parquet.
L'attaque a eu lieu samedi vers 22H00 (20H00 GMT) dans le parc du Tiergarten, à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg, principal lieu de rassemblement dans la soirée de la marche des fiertés, appelée Christopher Street Day (CSD) en Allemagne.
- Machette -
L'incident a coupé court à une journée de fête pour des centaines de milliers de personnes.
Selon la police, un véhicule blanc a foncé dans des passants avant de percuter un arbre. Immatriculé à Berlin, ce monospace Citroën était visible dimanche matin sur les lieux. Fortement endommagé après avoir percuté un arbre, il a été remorqué par les enquêteurs.
Le suspect "s'est ensuite précipité sur d'autres passants, armé d'une arme blanche (...) — vraisemblablement une machette — et les a également grièvement blessés", a décrit Alexander Dobrindt.
Dimanche, la police n'évoquait plus comme la veille l'hypothèse d'une attaque impliquant plusieurs auteurs.
La police avait lancé un appel à témoins, accompagné d'une photo et d'une description physique du suspect: mince, mesurant environ 1,90 mètre, aux cheveux noirs et vêtu d'un sweat à capuche noir et d'un pantalon blanc.
"Ces actes n'ont qu'un seul but: diviser notre société", a réagi dimanche le chancelier Friedrich Merz, avant d'assister à l'office religieux d'hommage aux victimes.
Conviés par des membres de la communauté LGBTQ à une veillée devant la porte de Brandebourg dimanche en début d'après-midi, des centaines de personnes y ont observé une minute de silence.
- Mauvais souvenirs -
Cette attaque a ravivé le souvenir d'une série d'actes similaires qui ont secoué l'Allemagne ces dernières années, attisant le débat sur l'immigration, plusieurs des auteurs étant d'origine étrangère.
L'attentat le plus meurtrier de ces dernières années a été celle en décembre 2016 contre un marché de Noël à Berlin par un Tunisien aux motivations jihadistes. Elle avait fait 13 morts.
La période précédant les élections législatives de 2025 a été marquée aussi par une vague d'attaques dans des lieux publics, notamment perpétrées par des assaillants islamistes.
Ces agressions ont fait le lit de la formation d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), devenue première force d'opposition et qui devance désormais la droite de M. Merz dans les intentions de vote.
Dimanche, un député AfD, Martin Hess, a estimé que l'attaque de la gay pride "révèle une fois de plus l'échec total des responsables en matière de sécurité" et d'immigration.
Rencontré dans le Tiergarten où il est venu rendre hommage aux victimes, Armin Dünhölter, 49 ans, drag queen officiant "depuis des années" aux gay prides allemandes, se dit "sous le choc".
"Avec les incidents de ces dernières années, on s'est évidemment souvent dit que, tôt ou tard, l'une de nos manifestations pourrait être visée".
P.Rossi--IM