La Bourse de Paris dans le rouge, les taux d'emprunts français flambent
La Bourse de Paris a terminé vendredi en franche baisse, sous le poids de la flambée des taux d'emprunts mais aussi de la remontée des prix du pétrole après plusieurs séances de baisse.
L'indice vedette CAC 40 a terminé en nette baisse de 1,49% à 8.065,02 points. La veille, l'indice avait progressé de 0,57% à 8.186,07 points.
Seule STMicroelectronics s'est affichée dans le vert, gagnant 2,39% à 43,46 euros, le reste des valeurs du CAC 40 ayant perdu du terrain.
La semaine a été "marquée par une forte volatilité sur les taux, sur fond de hausse du pétrole, d'inflation américaine supérieure aux attentes et de durcissement des banques centrales", commentent les analystes d'Edmond de Rothschild AM.
"Les marchés actions européens ont évolué au rythme des développements géopolitiques et énergétiques, dans un environnement demeurant particulièrement volatil", poursuivent-ils.
Et après plusieurs séances de nette baisse, les prix du pétrole se stabilisent à des niveaux plus élevés.
Aramco, la compagnie pétrolière nationale d'Arabie saoudite, "a informé au moins deux clients européens de raffinage qu'aucun brut ne leur serait attribué le mois prochain", a indiqué Bloomberg.
En parallèle, un pétrolier a été frappé vendredi par "un projectile non identifié" dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO, sur fond d'attaques menées par l'Iran pour garder le contrôle de cette stratégique voie maritime.
Par ailleurs, "l'Europe est plus sensible aux conditions financières et aux conditions bancaires qui se tendent, on le voit à travers les taux d'intérêt", souligne Mabrouk Chetouane, directeur stratégie marchés internationaux chez Natixis.
L'emprunt français à échéance 10 ans a terminé la semaine à 4,58%, un nouveau sommet depuis 2008. La veille en clôture, il s'affichait à 4,44%. Il s'agit d'une forte variation pour les marchés obligataires.
Son équivalent allemand a terminé à 3,52%. L'écart entre les deux, appelé "spread", s'élève donc à environ 1,06 point de pourcentage, soit le plus important écart entre ces deux valeurs depuis 2012, en pleine crise des dettes souveraines en Europe.
"Ce spread fait écho aux déclarations de Sébastien Lecornu qui indique qu'il va falloir effectivement faire un effort supplémentaire au niveau de la trajectoire de déficit", commente Mabrouk Chetouane.
Le Premier ministre a en effet présenté jeudi les grandes lignes d'un budget pour 2027 avec "un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros".
La France emprunte à des coûts plus élevés que d'autres pays comme la Grèce et l'Italie.
"L'Italie, considérée comme l'homme malade de l'Europe pendant des années, a réussi à ramener son déficit dans la zone des 3%. Sur la trajectoire du déficit, l'Italie a réussi à faire cet effort quand la France reste dans la zone des 5%", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
E.Accardi--IM