TotalEnergies, Shell, Repsol: résultats exceptionnels portés par la flambée des hydrocarbures
Shell, TotalEnergies, Repsol : les compagnies pétrolières affichent des bénéfices exceptionnellement élevés grâce à la flambée des hydrocarbures dans la foulée des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, générant de nouvelles critiques sur leurs "superprofits".
La pétrogazière française a dévoilé jeudi un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 3,7 milliards de dollars sur la même période l'an passé.
Elle dépasse aussi largement ses résultats très élevés de la première moitié de l'année, qui reflétaient déjà l'envolée des prix des hydrocarbures depuis le début du conflit au Moyen-Orient, amenant associations et partis politiques à demander une plus forte taxation.
Comme les pétroliers européens Shell et Repsol, qui annonçaient également leurs résultats jeudi, TotalEnergies a été porté entre juillet et septembre par une performance historique sur son activité Raffinage-Chimie, à 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt.
La forte tension sur le marché du gazole, provoquée par les frappes sur les installations énergétiques et les raffineries en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient, a provoqué une envolée des prix du carburant le plus consommé en France, et donc des marges de raffinage - qui reflètent l'écart de prix entre pétrole brut et raffiné.
L'espagnol Repsol, dont l'activité est particulièrement dépendante du raffinage, a ainsi affiché un bénéfice net quadruplé sur les neuf premiers mois de l'année, dont plus de la moitié sur le seul 3e trimestre.
Le géant britannique Shell a lui annoncé une hausse de son bénéfice net équivalente à celle de TotalEnergies (+126,6 % sur un an), à 12,1 milliards de dollars.
Les résultats des majors américaines Chevron et ExxonMobil, ainsi que de la britannique BP, sont attendus vendredi et devraient également afficher d'excellents bénéfices.
A 12H00 heure de Paris, le titre TotalEnergies prenait 1,39 % au CAC 40, contre 3,13 % pour celui de Shell à la Bourse de Londres.
Sur le 3e trimestre, TotalEnergies est aussi porté par de très bons résultats sur sa branche Gaz naturel liquéfié (GNL), avec un doublement de son résultat opérationnel net ajusté sur un an, grâce à la hausse des prix de vente du GNL et à la "surperformance des activités de négoce", d'après son communiqué.
Mercredi, le gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans, conséquence des difficultés de transit des cargaisons de GNL provenant du Moyen-Orient et de stocks européens plus bas que l'an dernier à la même période.
La production de pétrole et gaz du groupe, indicateur important, est par contre en légère baisse sur un an (-1 %). Elle serait en hausse de "plus de 4 % sur un an" hors impact du conflit au Moyen-Orient, indique le groupe.
- "Indécent" -
Le gouvernement a salué les résultats de TotalEnergies jeudi matin, rappelant "la chance d'avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l'on traverse", selon la ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV/RMC.
Elle a toutefois demandé au groupe d'être "exemplaire" et de "répercuter à la baisse l'avantage" du déstockage du diesel à moindre coût qui débutera dans les prochains jours, alors que ce carburant s'achète à plus de 2,38 euros le litre jeudi, selon une moyenne calculée par l'AFP.
TotalEnergies plafonne le prix du gazole à 2,25 euros le litre dans ses station-services.
L'ONG Greenpeace a réagi jeudi en jugeant que la crise au Moyen-Orient sert de "prétexte pour imposer des prix plus élevés tout au long de la chaîne d’approvisionnement pétrolière, au détriment des personnes dépendantes de la voiture qui font les frais de cette situation alors que les prix du carburant atteignent des niveaux records en Europe".
En parallèle, plusieurs ONG, dont 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France, ont déploré: "alors que les député·es ont rejeté hier les amendements visant à taxer les profits fossiles dans le budget 2027, TotalEnergies affiche aujourd'hui des bénéfices indécents".
Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné répète lui régulièrement qu'en cas de surtaxation sur les bénéfices du groupe, "le plafond va s'arrêter".
E.Mancini--IM