La Corée du Nord tire plusieurs missiles balistiques présumés
La Corée du Nord a tiré dimanche plusieurs missiles balistiques présumés selon Séoul, son premier lancement de l'année au lendemain de la capture du président vénézuélien par les Etats-Unis.
"Notre armée a détecté plusieurs projectiles, qui sont présumés être des missiles balistiques, lancés vers la mer de l'Est depuis les environs de Pyongyang aux alentours de 07H50 dimanche (22H50 GMT samedi)", a détaillé le ministère de la Défense sud-coréen, faisant référence au nom local de la mer du Japon.
Le ministère nippon de la Défense a lui aussi dit avoir détecté le tir d'un missile balistique présumé, qui est retombé vers 08H08 locales (23H08 GMT samedi). Sa zone de chute n'a pas été précisée.
"Cela reflète probablement l'importante pression que Pyongyang ressent face à la situation au Venezuela", a noté auprès de l'AFP Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale.
Les Etats-Unis ont frappé le Venezuela tôt samedi et capturé son dirigeant Nicolas Maduro, ensuite conduit en territoire américain où il doit répondre d'accusations de "narcoterrorisme".
Le président Donald Trump a expliqué que Washington allait "diriger" le pays jusqu'à une "transition sûre, appropriée et judicieuse".
La Corée du Nord a fréquemment dénoncé de supposés plans de Washington pour renverser le pouvoir en place.
"Bien que les spécifications du missile doivent être vérifiées, le message sous-jacent est probablement qu'attaquer la Corée du Nord ne serait pas aussi facile que de frapper le Venezuela", a souligné Hong Min.
Cette manœuvre de Pyongyang est par ailleurs intervenue quelques heures avant que le président sud-coréen Lee Jae Myung ne décolle vers la Chine pour un sommet avec son homologue Xi Jinping.
L'influence de Pékin, proche de Pyongyang, pourrait aider M. Lee dans ses efforts pour réchauffer les relations avec le Nord.
- Renforcement de l'arsenal nord-coréen -
Les derniers tirs de la Corée du Nord surviennent aussi au moment où son dirigeant Kim Jong Un se montre très présent sur le plan militaire.
Il a notamment visité un chantier de sous-marins à propulsion nucléaire, ordonné d'augmenter la production de missiles et la construction d'usines, supervisé le test de deux missiles de croisière longue portée et vanté la puissance de ses nouveaux lance-roquettes multiples.
Le Nord a, de manière générale, considérablement accéléré ses essais militaires ces dernières années.
Le précédent test de missile balistique nord-coréen remontait à novembre, après que Donald Trump a donné son feu vert à la Corée du Sud pour construire des sous-marins à propulsion nucléaire.
Selon les analystes, l'objectif de Pyongyang est d'améliorer ses capacités en matière de frappe de précision, de défier Washington et Séoul et de tester des armes avant d'éventuellement les exporter vers la Russie, son alliée.
Par ailleurs, dans les prochaines semaines, doit avoir lieu le premier congrès en cinq ans du Parti des travailleurs, au pouvoir en Corée du Nord. La politique économique du pays ainsi que sa stratégie militaire et de défense devraient figurer parmi les sujets majeurs abordés.
Samedi, Kim Jong Un s'était à nouveau rendu dans une usine de matériel militaire, impliquée dans la fabrication d'armes tactiques guidées, a rapporté l'agence officielle KCNA. Le dirigeant a ordonné au site d'augmenter sa capacité de production actuelle de 250%, selon la même source.
E.Mancini--IM