A Madrid, une manifestation pour dénoncer l'"agression impérialiste" au Venezuela
Un millier de manifestants se sont retrouvés dimanche matin devant l'ambassade des Etats-Unis à Madrid pour dénoncer une "agression impérialiste", après l'enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro au cours d'une opération militaire américaine.
Les participants ont brandi de nombreuses pancartes montrant notamment Donald Trump avalant goulûment un bidon de pétrole aux couleurs du drapeau vénézuélien, une autre clamant "Trump agresseur", tandis que sur une banderole on pouvait lire "Non à l'agression impérialiste contre le Venezuela".
Plusieurs drapeaux de la formation d'extrême gauche espagnole Podemos ou du Parti communiste espagnol étaient également visibles parmi les drapeaux vénézuéliens agités devant l'ambassade, en plein coeur de Madrid, au lendemain de la capture par les Etats-Unis de Nicolas Maduro et son épouse, après des frappes aériennes sur Caracas et ses environs.
M. Maduro est désormais incarcéré dans une prison de New York dans l'attente de sa comparution devant un juge pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.
Donald Trump a annoncé que son pays allait "diriger" la transition au Venezuela et comptait exploiter ses vastes réserves de pétrole.
Le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, dont le pays a accueilli le candidat de l'opposition à la présidentielle vénézuélienne de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, avait condamné samedi "une intervention qui viole le droit international", jugeant que cette opération "[poussait] la région vers un horizon d'incertitude et de bellicisme", et avait appelé à une transition "juste et dans le dialogue".
Dimanche, Pedro Sánchez, qui doit compter sur l'appui de son partenaire d'extrême gauche Sumar, a réitéré ses critiques dans une lettre adressée aux militants du Parti socialiste où il évoque "la récente violation du droit international au Venezuela, acte que nous condamnons avec la plus grande fermeté".
Plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté dimanche à la mi-journée devant le consulat des Etats-Unis à Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, brandissant des pancartes "Yankee go home" (les Américains rentrez chez vous), "Stop killing for oil" (Arrêtez de tuer pour du pétrole) ou encore "Stop Trumps Fossil Army" (Stop à l'armée des hydrocarbures de Trump), a rapporté l'agence de presse ANP.
Ils répondaient à l'appel de plusieurs organisations des mouvances pacifiste et "antifa".
N.Tornincasa--IM