les Etats-Unis vont frapper "très durement" l'Iran qui promet de ne pas se rendre
Le président Donald Trump a menacé samedi d'intensifier ses coups sur l'Iran qui, en dépit d'une nouvelle série de frappes aériennes ayant incendié un aéroport de Téhéran, ne se rendra jamais promet son président.
"Aujourd'hui, l'Iran sera frappé très durement!", a déclaré Donald Trump sur son réseau social Truth Social, menaçant d'étendre les frappes à "des zones et des groupes de personnes qui n'avaient encore jamais été considérés comme des cibles".
La guerre est entrée dans sa deuxième semaine, s'étendant à de nombreux pays de la région et faisant s'envoler les cours du pétrole avec la paralysie de nombreux flux d'hydrocarbures et hub en provenance du Golfe.
Au début de l'attaque le 28 février, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979. Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, l'objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l'Iran et de l'empêcher de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément.
Des milliers de cibles ont été frappées dans l'opération israélo-américaine, des sites stratégiques endommagés et le guide suprême Ali Khamenei tué.
Samedi, la vague de raids israéliens menés avant l'aube a été l'une des plus importantes depuis le début, visant notamment une académie militaire, un centre de commandement souterrain et un site de stockage de missiles.
Des photos de l'AFP montrent des flammes rougeoyantes et de la fumée s'élever de l'aéroport international Mehrabad de Téhéran, l'un des deux desservant la capitale. Ispahan (centre) a également été ciblé, selon Israël.
- "Dans leurs tombes" -
Pour autant, le président iranien Masoud Pezeshkian affirme que l'Iran ne se rendra pas. Il a adopté un ton provocateur dans un discours diffusé à la télévision d'État, en réponse à Donald Trump et sa demande la veille d'une "capitulation inconditionnelle" de l'Iran.
"Les ennemis (Israël et les Etats-Unis) peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat, s'excusant par ailleurs auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés depuis le début du conflit - et qui se poursuivent samedi.
La marine iranienne a ainsi dit avoir lancé une "vague massive d'attaques de drones" contre des bases américaines, et pris pour cible le pétrolier Prima dans le golfe alors qu'il tentait de traverser l'étroit détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le transport maritime mondial que l'Iran a fermé.
L'aéroport de Dubaï, le plus fréquenté au monde pour le trafic international, a annoncé samedi la reprise partielle de ses opérations, après une brève suspension plus tôt dans la matinée à la suite d'une interception au-dessus de l'aéroport.
Depuis Téhéran, des habitants décrivent à l'AFP des checkpoints installés pour empêcher les pillages et assurer le contrôle. Vendredi soir, un habitant de 40 ans s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, décrivait des magasins ouverts et des marchandises "disponibles", même si "tout est devenu un peu plus cher". Il racontait aussi maintenir malgré tout sa "routine quotidienne": "je vais faire du sport tous les jours et je fais mes courses habituelles".
Les bombardements se sont enchaînés ces derniers jours sans relâche, l'armée israélienne annonçant avoir frappé "400 cibles" à travers l'Iran vendredi. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a, lui, dit avoir frappé plus de "3.000" cibles depuis le déclenchement de l'opération "Fureur épique".
Selon les autorités iraniennes, environ un millier de personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, selon le porte-parole du gouvernement vendredi. L'AFP ne peut pas vérifier ces affirmations.
- Extension du conflit -
Depuis son déclenchement, la guerre s'est propagée dans la région, avec des retombées jusqu'à Chypre où une base aérienne britannique a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne.
Une attaque de drones iraniens contre l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, soulève par ailleurs la crainte d'une extension du conflit au Caucase.
Le conflit s'étend aussi au Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil. Les Gardiens de la Révolution disent avoir visé des "groupes séparatistes" au Kurdistan irakien.
Les monarchies du Golfe, qui abritent des infrastructures énergétiques vitales pour la production d'hydrocarbures mondiale mais aussi des bases américaines, continuent elles aussi de vivre au rythme des alertes après des frappes répétées de l'Iran qui assure ne s'en prendre qu'à des intérêts américains.
Samedi matin, des correspondants de l'AFP ont entendu des explosions à Dubaï, aux Emirats arabes unis, mais aussi dans la capitale du Bahreïn, Manama. Et en Arabie saoudite, l'armée a détruit dans la nuit un missile balistique qui visait la base aérienne du prince Sultan abritant des militaires américains. Le ministre saoudien de la Défense Khaled ben Salmane a appelé samedi l'Iran à la "sagesse" et l'a mis en garde contre "toute erreur d'appréciation".
Les Emirats arabes unis ont pour leur part dit avoir intercepté samedi 15 missiles et 119 drones, et la Jordanie a accusé l'Iran d'avoir visé ses installations stratégiques.
- Affrontements au Liban -
Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah a attaqué Israël pour "venger" la mort de l'ayatollah Khamenei, un "désastre humanitaire" se profile, a averti son Premier ministre Nawaf Salam, avec le déplacement massif des habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien.
Au total, le bilan des bombardements massifs israéliens s'élève à 226 tués et quelque 800 blessés selon les autorités, et environ 300.000 personnes ont dû fuir, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés.
A l'est du pays, une opération commando de l'armée israélienne dans la nuit a fait au moins 41 morts, selon les autorités libanaises.
Alors que dans le quartier Haret Hreik de Beyrouth, mais aussi dans la vallée de la Bekaa, des gravats encore fumants témoignent des récentes frappes israéliennes, Israël a sommé de nouveau le Liban de "désarmer" le Hezbollah, sous peine de "mesures plus sévères".
burs-al/mdh
D.Lombardi--IM