Municipales: dernier jour de campagne avant un premier tour à multiples inconnues
La campagne pour le premier tour des élections municipales entre vendredi dans son dernier jour, avec une participation attendue en hausse pour ce scrutin traditionnellement apprécié des Français et qui s'annonce à multiples inconnues en particulier dans les grandes villes.
A 23h59 précisément, les dés seront jetés pour le premier tour de ces élections dont la campagne a été percutée par le meurtre du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque qui a mis LFI dans la tourmente, et surtout la guerre au Moyen-Orient.
Ce contexte de grande tension, au lendemain de la mort d'un soldat français en Irak, ne devrait cependant pas empêcher les Français de se rendre dans l'isoloir, selon un sondage Odoxa-Backbone publié jeudi qui estime que la participation pourrait être comprise entre 65 et 71%.
Si elle s'élevait à 68%, soit le milieu de la fourchette indiquée, elle représenterait un bond d'environ cinq points par rapport aux scrutins de 2014.
Les élections de 2020, dont le premier tour avait été maintenu malgré l'épidémie de Covid-19, avaient considérablement souffert de la situation sanitaire, avec une participation d'à peine 45%.
Tous les camps appellent à la mobilisation alors que dans la plupart des grandes villes le suspense reste entier sur la configuration de deuxième tour qui apparaîtra dimanche.
A Paris, où la candidate zemmouriste Sarah Knafo est à 13,5% au premier tour dans un sondage (Elabe/Berger-Levrault), "c'est un enjeu historique pour la ville, parce que la configuration, pour la première fois, mettra sans doute l'extrême droite comme arbitre du match", a affirmé vendredi son adversaire socialiste Emmanuel Grégoire, convaincu que "les Parisiens et Parisiennes vont venir voter".
Donnés en tête du scrutin, la candidate LR-MoDem Rachida Dati et le député socialiste se sont mutuellement accusés de flirter avec les extrêmes lors de leur dernier meeting jeudi soir.
- Question des fusions, désistements -
Triangulaires, quadrangulaires voire quinquangulaires : tout est possible dans les grandes villes, où la dispersion des voix qui existe également au niveau national permettra à de nombreux candidats de dépasser les 10% nécessaires pour se qualifier au second tour.
C'est le cas à Marseille, où le maire sortant de gauche Benoît Payan pourrait affronter au deuxième tour Franck Allisio candidat du Rassemblement national donné très haut dans les sondages mais aussi la candidate de droite et du centre Martine Vassal, ainsi que le candidat de La France insoumise Sébastien Delogu.
Mais aussi à Toulouse, Bordeaux, Lille ou Lyon où la question des fusions ou désistements sera probablement posée dès dimanche soir.
A l'inverse, dans 93% des communes françaises, le maire sera connu dès le premier tour car il n'y a qu'une ou deux listes qui se présentent.
Si le Rassemblement national et La France insoumise, peu présents dans les municipalités jusqu'alors, ont tenté de nationaliser le débat dans la perspective de 2027, leurs responsables respectifs Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon multipliant les meetings, c'est leur positionnement à l'issue de ce premier tour qui sera essentiellement scruté.
A gauche, les socialistes, et dans une moindre mesure les Écologistes, devront trancher sur d'éventuelles alliances locales avec La France insoumise devenue infréquentable depuis les propos jugés antisémites de son leader sur la prononciation des patronymes juifs Epstein et Glucksmann.
Cette dernière fait pression sur ses anciens partenaires pour obtenir des "fusions techniques", sans soutien, qui lui permettraient de s'implanter dans de nombreux conseils municipaux.
A l'extrême droite, si Marine Le Pen a reconnu jeudi que "le combat est difficile" dans les grandes villes, le président du RN Jordan Bardella s'est dit "ouvert à des discussions" avec des listes conduites par la droite.
Officiellement, le président des Républicains, Bruno Retailleau, est contre mais plusieurs poids lourds du parti lui ont reproché de fermer les yeux sur des alliances déjà nouées avec des LR de facto présents sur des listes menées par l'extrême droite.
A Perpignan en tout cas, le parti lepéniste n'a pas d'inquiétude à avoir. Un sondage publié vendredi crédite le maire sortant Louis Aliot de 46% des intentions de vote au premier tour. Reste à savoir si la justice confirmera ou non en appel son inéligibilité en juillet.
U.Sparacello--IM