Le G7 prêt à "toutes les mesures nécessaires" pour stabiliser le marché de l'énergie
Le G7 des ministres des Finances et de l'Energie s'est dit lundi disposé à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie, déstabilisé par la guerre du Moyen-Orient.
Le conflit a entraîné la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, voie maritime clé par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole, faisant flamber les prix des hydrocarbures et perturbant les chaînes d'approvisionnement.
Les deux références mondiales évoluaient lundi au-dessus de 100 dollars le baril.
"Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, en étroite coordination avec nos partenaires, notamment pour préserver la stabilité et la sécurité du marché de l'énergie", selon le communiqué de la présidence française du G7 diffusé à l'issue d'une réunion en visioconférence.
Les ministres du groupe rassemblant Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni ont réaffirmé leur "ferme engagement en faveur de marchés de l'énergie fonctionnant correctement, stables et transparents".
"Nous soutenons les efforts appropriés visant à maintenir une offre adéquate sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz et prenons note des options de l'AIE pour gérer la demande, en fonction des circonstances propres à chaque pays, afin de contribuer à lisser les conditions du marché et de limiter une volatilité excessive", ont-ils ajouté.
Le 19 mars, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait indiqué que ses pays membres avaient commencé à mettre sur le marché les stocks stratégiques de pétrole qu'ils avaient annoncé libérer mi-mars, un total de 426 millions de barils devant être mis à disposition.
"Certaines zones du G7 (...) ont des enjeux d'approvisionnement, d'autres plutôt des enjeux de prix", comme la France, "des enjeux économiques, des enjeux financiers, des enjeux d'inflation", avait déclaré à Bercy le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, juste avant la réunion.
- "Action coordonnée" -
Y ont également participé les banques centrales du G7, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Le 9 mars, un G7 Finances avait déjà indiqué être prêt, face à cette envolée, à "toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole", selon les mots de Roland Lescure.
Face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, dont la durée est incertaine, de nombreux Etats ont dégainé des mesures pour limiter les effets des difficultés d'approvisionnement et de l'envolée des cours de l'énergie.
Le G7 a appelé lundi "tous les pays à s'abstenir d'imposer des restrictions injustifiées à l'exportation d'hydrocarbures et de produits connexes", soulignant "l'importance d'une action internationale coordonnée" pour atténuer l'impact de la guerre et "de flux commerciaux sûrs et ininterrompus".
L'Inde a par exemple décidé de mettre en place des taxes sur le diesel et le kérosène destinés à l'exportation "pour assurer une meilleure disponibilité de ces produits pour la consommation intérieure".
- Banque centrales "déterminées" -
En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d'environ 70 millions d'euros, limitée pour l'instant au mois d'avril, au profit des secteurs de la pêche, de l'agriculture ou des transports.
Deuxième organisation patronale représentative, la CPME notamment avait demandé samedi "l'élargissement" de ces mesures.
"Aujourd'hui, si vous mettez en place des mesures générales, ça va vous coûter beaucoup d'argent et ce sera sans doute très peu efficace", a tempéré lundi Roland Lescure, lors d'un salon consacré à l'industrie près de Paris.
Le communiqué du G7 indique également que les banques centrales des pays qui le composent, présentes à la réunion, "sont fermement déterminées à maintenir la stabilité des prix et à garantir la résilience continue du système financier".
"La politique monétaire", à savoir une éventuelle révision des taux d'intérêt face à l'impact des prix de l'énergie et d'autres matières premières sur l'inflation, "restera dépendante des données", notamment l'inflation et l'activité économique.
Vendredi, les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis près de Paris, avaient "réaffirmé la nécessité absolue de rétablir (...) la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d'Ormouz".
Un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 est programmé à Évian mi-juin.
P.Conti--IM