Hantavirus: une patiente gravement atteinte, mais pas de circulation du virus en France
Une Française, ex-passagère du Hondius, est gravement touchée par l'hantavirus mais il n'y a pas de signe de circulation du virus dans l'Hexagone : la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tenté, mardi avec des spécialistes médicaux, de calmer les inquiétudes d'une population française traumatisée par le souvenir du Covid.
La Française contaminée, une croisiériste de 65 ans qui avait été rapatriée avec quatre autres passagers le week-end dernier dans un vol spécial, est en réanimation à Paris à l'hôpital Bichat, dans un "état grave", a indiqué Mme Rist.
La malade a aujourd'hui "la forme la plus sévère de la présentation cardiopulmonaire", et pour lui assurer "une oxygénation artificielle, elle a un poumon artificiel, une dérivation du sang pour permettre, on l'espère, de passer le cap, le temps que le poumon agressé par ce virus et les lésions de la paroi vasculaire puissent se rétablir", a précisé l'infectiologue Xavier Lescure lors d'une conférence de presse au ministère de la Santé.
En revanche, les quatre autres passagers du bateau "vont bien" et "sont soumis à une surveillance médicale étroite" à l'hôpital, a souligné la ministre.
Quant aux 22 autres cas contacts identifiés, ils sont "hospitalisés" ou "en cours d'hospitalisation", a-t-elle précisé. Ces personnes font l'objet d'un "suivi rigoureux";
"Ils se portent très bien et n'ont pas de symptômes en tout cas, dans les interrogatoires qui ont été faits et dans les premiers qui sont déjà hospitalisés, ils n'ont pas de symptômes cliniques".
"Les cas positifs dans le monde sont exclusivement des croisiéristes" pour l'instant, a-t-elle rappelé, et il "n'y a pas d'élément en faveur d'une circulation du virus sur le territoire national".
Selon les explications de Mme Rist, les cas contacts en cours d'hospitalisation resteront hospitalisés au moins "pour 14 jours".
Interrogée sur l'état de préparation du pays à l'hypothèse d'une nouvelle épidémie, notamment en ce qui concerne les stocks de masques et les places disponible, la ministre s'est montrée rassurante.
"Suite au Covid, nous sommes sur la trajectoire prévue de reconstitution des stocks de masques, donc nous n'avons pas d'inquiétude sur le sujet", a-t-elle indiqué.
"Sur les places d'hospitalisation, nous n'avons eu aucune difficulté à trouver les places" pour les cas contacts, qui sont dans des chambres spéciales pour limiter le risque de contamination.
- Chambres à pression négative -
"Ce sont des chambres qui ont un traitement d'air ultra-sécurisé avec des pressions négatives qui vont empêcher et vont faire diminuer très significativement la transmission aérienne puisque l'air est filtré et en pression hautement négative", a précisé Xavier Lescure.
Les 22 Français identifiés comme cas contact se répartissent en deux groupes.
Un premier groupe de huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, où se trouvait également la victime néerlandaise de l'hantavirus, et un deuxième groupe quatorze passagers d'un vol Johannesbourg-Amsterdam le même jour, sur lequel la victime néerlandaise depuis décédée, était brièvement montée avant d'être débarquée avant le départ, en raison de son état.
Parmi eux, figurent trois adolescents qui étaient dans le vol de Johannesbourg avec leurs parents, tous étant hospitalisés à Paris à l'hôpital de la Pitié Salpétrière, a indiqué l'infectologue Xavier Lescure.
Un cas contact identifié à Concarneau (Finistère) a été transféré mardi matin au CHU de Rennes, a indiqué à l'AFP le maire de la ville.
Un autre cas contact a également été hospitalisé au CHU de Marseille, selon les indications du Ministère.
La ministre de la Santé rencontrera mercredi matin les parlementaires de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, et aura également dans l'après-midi une réunion avec les autres ministres européens de la Santé.
ic-eva-ref-rab-lby/rap/fio
K.Costa--IM