A Dallas, face aux siens, le dernier mot revient encore à Trump
Une nouvelle intervention jeudi après pas loin de deux heures de discours la veille: Donald Trump poursuit son pari de personnaliser l'enjeu des élections américaines de mi-mandat, aux sombres perspectives pour les républicains, qu'il a réunis pour une convention inédite à Dallas, au Texas.
Le président octogénaire, qui doit clôturer ce rassemblement de son camp, va toutefois laisser une part de lumière à son vice-président JD Vance, un de ses potentiels successeurs, appelé à la tribune jeudi soir.
Au premier soir de l'événement texan, Donald Trump a martelé son message: "Je vous demande de faire comme si j'étais sur le bulletin. Juste une fois de plus."
Il a même été jusqu'à faire la "promesse" d'un "dividende" de 5.000 dollars à chaque adulte américain si les républicains parvenaient à conserver la majorité à la Chambre des représentants comme au Sénat - sans expliquer comment une telle initiative, potentiellement très coûteuse, serait financée.
A moins de deux mois du scrutin du 3 novembre, les projections ne semblent en tout cas pas aller dans ce sens. Elles anticipent que les démocrates vont s'emparer de la majorité à la chambre basse, entièrement renouvelée, et possiblement de justesse à la chambre haute, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.
- "Vaincre le communisme" -
Face à une audience acquise à sa cause, Donald Trump a de nouveau agité la menace que représenterait, à ses yeux, une victoire de l'opposition démocrate en faisant le serment de "vaincre le communisme en Amérique".
"Si nous perdons, vous allez perdre votre frontière, vous allez perdre vos baisses d'impôts, vous allez perdre votre sécurité", a-t-il alerté.
Donald Trump compte oeuvrer en faveur de son camp en se rendant dans la trentaine de circonscriptions décisives.
"Je vais aller dans chacune d'entre elles. Deux fois dans certaines", s'est-il engagé.
Ses partisans veulent croire à une mobilisation sur son seul nom, en dépit de sa cote de popularité anémique, inférieure à 35% dans certains sondages.
"C'est pour ça qu'on est là, pour Trump", souligne Angie Fisher, quinquagénaire venue de Caroline du Nord. "C'est lui qui me donne envie d'être ici."
- Vance en prime time -
Cette initiative sera-t-elle du goût des candidats sur le terrain ?
Si plus d'une centaine de candidats et parlementaires républicains sont annoncés à Dallas, d'autres, engagés dans des courses serrées, font l'impasse. Pour éviter d'associer frontalement leur campagne à un président aussi impopulaire et clivant ou privilégier leur campagne de terrain.
La grande salle de l'équipe de basket des Mavericks, à la scène bardée d'écrans géants, n'a pas fait le plein mercredi - contrairement aux affirmations de Donald Trump. Ses tribunes hautes, décorées de drapeaux américains, sont restées très largement vides.
Au tour, entre autres, du ministre de la Santé Robert Kennedy Jr et de celle qui était jusqu'à peu porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, de prendre la parole jeudi, avant les honneurs du temps fort réservé à JD Vance.
Jamais les républicains n'avaient organisé de convention avant des élections de mi-mandat. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d'élection présidentielle.
H.Gallo--IM