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Sénatoriales: le RN débarque en force à la chambre haute

Sénatoriales: le RN débarque en force à la chambre haute

Le Rassemblement national frappe un grand coup: en formant un groupe parlementaire au Sénat pour la première fois dimanche, le parti lepéniste perturbe la domination historique de la droite, un succès significatif en pleine campagne présidentielle.

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Les élections sénatoriales ont également été marquées par la victoire d'un élu Insoumis.

Alpes-Maritimes, Bouches-du Rhône, Var, Vaucluse... Avec au moins 14 sièges acquis au parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella ou à leurs alliés de l'Union des droites pour la République (UDR), le RN a rempli son objectif avant même l'officialisation des derniers résultats de la soirée.

"Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National va constituer, avec ses alliés de l'UDR du président Eric Ciotti, un groupe au Sénat", a écrit Jordan Bardella sur X.

"C'est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie", a repris Marine Le Pen sur le même réseau social, saluant une "percée générale" qui confirme "l'accélération de l'implantation du Rassemblement national sur tout le territoire".

Une marche symbolique, mais pas que: elle sera synonyme de temps de parole accru, de moyens supplémentaires... et surtout de relais précieux pour la candidature de Marine Le Pen à l'Elysée. "C'est un coup d'accélérateur pour cette campagne présidentielle", a estimé le vice-président Sébastien Chenu.

Même s'il passe au second plan dans l'ombre de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à sept mois de la présidentielle.

Deux constats s'imposent notamment: l'implantation locale du RN est en nette progression, à l'image de scores parfois quintuplés par rapport au dernier scrutin en 2020 ; celle de La France insoumise reste faible, malgré l'élection du premier élu Insoumis dans le Rhône.

Alors qu'on le disait battu, le député LFI Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon, a créé la surprise. "Gabriel Amard nous fait entrer au Sénat, en dépit de toutes les tentatives de barrage. Heureux augure pour 2027", a salué le leader du mouvement sur X.

Les Insoumis devraient toutefois être plus nombreux à la chambre haute en 2029, avec le renouvellement des sénateurs d'Île-de-France et du Nord.

- Érosion à droite ? -

La mainmise des Républicains sur l'hémicycle, avec leurs alliés centristes, n'est pas bouleversée par ce renouvellement de 178 sièges sur 348, pas plus que la réélection probable de Gérard Larcher (LR) à la présidence de l'institution, programmée jeudi.

Mais l'érosion de LR (131 sièges avant le vote), qui pourrait perdre une dizaine de sièges en attendant les décomptes définitifs, révèle un certain affaiblissement, alors que Bruno Retailleau - facilement réélu en Vendée - espère damer le pion aux candidats du bloc central en vue de la présidentielle.

"Il n'y aura pas de porosité. Nous resterons sur notre ligne", a insisté le chef du groupe LR Mathieu Darnaud, réélu confortablement en Ardèche.

Comme prévu, Les Républicains ont souffert dans la couronne méditerranéenne. L'UDR du nouveau maire de Nice Eric Ciotti a ainsi raflé deux sièges dans les Alpes-Maritimes, quand le RN en a pris deux dans le Var et deux autres dans les Bouches-du-Rhône, entre autres terres de conquête.

La députée RN Edwige Diaz a réussi son pari en Gironde, et passera du Palais Bourbon au Palais du Luxembourg. Pari perdu en revanche pour Marie-Caroline Le Pen, sœur de Marine Le Pen, battue logiquement dans la Sarthe.

A gauche, la présence quasi-systématique de listes LFI en concurrence avec les autres formations politiques a créé une certaine dispersion des voix, comme chez les Français de l'étranger.

Le Parti socialiste (65 sièges avant le scrutin) a perdu quelques plumes, dans la Creuse par exemple, mais a obtenu quelques gains, dans le Doubs et l'Hérault notamment. Les décomptes définitifs diront si le PS reste ou non la deuxième force du Sénat devant l'Union centriste (59 sièges).

Quant aux Écologistes, ils ont perdu un siège en Gironde et en Alsace, conséquence logique de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux municipales.

Horizons, représenté par le groupe des Indépendants (20 membres), peut pour sa part légitimement croire à quelques gains, non négligeables pour la dynamique d'Edouard Philippe sur la route de l'Elysée.

Alors qu'une incertitude planait sur l'avenir du groupe macroniste RDPI (19 membres), orphelin de son influent président François Patriat décédé cet été, son représentant Xavier Iacovelli a assuré qu'il se maintiendrait.

R.Marconi--IM