Il Messaggiere - RDC : Ebola continue de s'étendre de façon "exponentielle" au Nord-Kivu, alerte l'OMS

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RDC : Ebola continue de s'étendre de façon "exponentielle" au Nord-Kivu, alerte l'OMS
RDC : Ebola continue de s'étendre de façon "exponentielle" au Nord-Kivu, alerte l'OMS / Photo: Jospin Mwisha - AFP

RDC : Ebola continue de s'étendre de façon "exponentielle" au Nord-Kivu, alerte l'OMS

L'épidémie d'Ebola qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) progresse de manière "exponentielle" au Nord-Kivu, alors que des signes d'amélioration sont observés dans d'autres provinces, a indiqué mardi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Samedi, le gouvernement congolais a annoncé que le pic de l'épidémie avait été atteint mi-août, et que les "paramètres indiquaient une diminution du nombre de cas" au niveau national pour cette maladie extrêmement meurtrière qui a déjà tué, avant l'épisode en cours en RDC, plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

Mais selon l'OMS, la situation épidémiologique reste hétérogène. "Les tendances à l'échelle nationale ne reflètent pas les tendances au niveau provincial ou au niveau local", a souligné devant la presse à Genève Olivier le Polain, chef de l'unité Épidémiologie et analyse pour les interventions de l'OMS.

Par exemple, a-t-il souligné, "on a des tendances qui augmentent de manière importante, exponentielle au niveau du Nord-Kivu".

Dans cette région, "le nombre de décès hebdomadaires a presque doublé au cours des deux dernières semaines, passant d'environ 100 nouveaux cas par semaine à plus de 200", a-t-il souligné, précisant que la province concentrait désormais environ 45% du total des cas signalés la semaine dernière.

"Dans l'ensemble, la transmission du virus (...) reste intense et géographiquement étendue", a ajouté M. le Polain, établissant qu'au 12 septembre, "le pays a signalé 7.200 cas et 3.475 décès répartis sur (...) désormais sept provinces".

Il a par ailleurs signalé "quelques signes précoces de réduction de la transmission" dans certaines zones de la province d'Ituri, foyer de l'épidémie déclarée mi-mai où "la proportion de cas diminue avec le temps".

Egalement, a-t-il détaillé, aucun cas confirmé n'a été détecté au Sud-Kivu depuis fin mai, un cas récent a été signalé dans le Sud-Ubangi et trois cas dans le Bas-Uélé, la Tshopo rapporte des cas "sporadiques, principalement importés" et le Haut-Uélé présente une transmission locale "plus établie", avec environ 30 à 40 nouveaux cas par semaine.

- "Foyers multiples" -

"Ces indicateurs ne montrent pas encore le niveau d'amélioration que nous souhaiterions constater", a toutefois ajouté le responsable, expliquant que "le nouveau cas détecté la semaine dernière dans la province du Sud-Ubangi rappelle le risque d'une extension géographique de l'épidémie, dans un contexte de très forte mobilité de la population".

"L'épidémie est si vaste qu'il est difficile de parler d'une épidémie unique ; il s'agit plutôt de foyers multiples et distincts, et nous devrons mener une réponse adaptée dans chacun de ces lieux", a souligné de son côté Julien Harneis, coordinateur principal d’Ebola pour les Nations unies.

Tout en saluant la coopération locale et internationale, M. Harneis a réclamé davantage de fonds pour la réponse à l'épidémie, mais aussi pour l'intervention humanitaire. Or "cette dernière n'est financée qu'à hauteur de 49%", a-t-il alerté.

"Avec Ebola, on ne peut pas relâcher la pression. Si l'on relâche la pression, l'épidémie nous frappera de plein fouet. Il faut donc des ressources dès maintenant pour la ralentir et y mettre un terme", a-t-il exhorté.

Le semaine dernière, l'OMS avait estimé que 5.000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires pour faire face à l'épidémie.

Plusieurs traitements et vaccins sont à l'essai contre le virus Bundibugyo, à l'origine de la flambée actuelle, contre lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement homologués à ce jour.

A.Uggeri--IM