NBA: les Detroit Pistons retrouvent les sommets, enfin "à leur place"
La franchise NBA historique des Detroit Pistons, qui avait touché le fond ces dernières années, connaît un rebond spectaculaire en tête de la conférence Est dans le sillage d'une nouvelle génération prête à un nouveau cycle victorieux.
Après avoir rejoué en play-offs en fin de saison dernière pour la première fois en sept ans (élimination au premier tour), la forme affichée par les Pistons à mi-parcours (1ers à l'Est, 32 victoires-10 défaites) tranche avec les années de plomb. L'équipe avait fini entre 13e et 15e à l'Est de 2020 à 2024, se distinguant en 2023 avec un record de 28 défaites consécutives.
"Pendant cette série de défaites l'ambiance était morose, assez déprimante (...) les fans huaient l'équipe", relate pour l'AFP Omari Sankofa, journaliste basket du Detroit Free Press.
"On assiste à un rebond complet avec un public intense, qui a opéré un virage à 180 degrés, de +vous nous faites honte+ à +nous sommes très fiers de vous+", ajoute le reporter, enfant de "Motown", le surnom musical de la ville, qui "s'identifie" aux Pistons, dit-il.
Plus que les Lions (NFL), Tigers (MLB) ou Red Wings (NHL), les Pistons ont su rendre fière la cité de l'automobile et ses cols bleus, avec les "Bad Boys" de Isiah Thomas, Joe Dumars et Denis Rodman, champions en 1989 et 1990, puis l'ère "Goin' to work" ("Au boulot") avec un sacre en 2004 sans grande star.
- "Motiver les jeunes" -
L'équipe fait de nouveau vrombir la moderne Little Ceasars Arena, ouverte en 2017 dans le quartier branché de Midtown, symbole de la gentrification à l'oeuvre dans la mégapole aux nombreux plans de "revitalisation".
"Cette année est géniale, le stade est plein après avoir longtemps été vide, les places se bradaient à 5 dollars", constate dans les couloirs de l'enceinte Damien Weekes, un fan âgé de 36 ans qui accompagne son neveu Cobe, âgé de 15 ans. "C'est important de motiver les jeunes, on a perdu une génération devenue fan de Boston ou d'Oklahoma City", le champion en titre.
A l'origine du rebond se trouve un noyau de jeunes joueurs, aggloméré autour du N.1 de la draft 2021 Cade Cunningham. Les mauvais classements successifs ont permis de sélectionner assez haut Jaden Ivey (5e, 2022), Ausar Thompson (5e, 2023) et Ron Holland (5e, 2024). Un échange rapide leur avait en outre offert le costaud Jalen Duren en 2022, juste après sa draft (13e).
Meneur flamboyant, Cunningham, 24 ans, compile 25,7 points et 9,8 passes en moyenne cette saison et se veut le garant de l'esprit de camaraderie d'un groupe de "chiens hargneux" ("nasty dogs"), avec son ami Duren, 22 ans. Les deux partagent aussi leurs étés, en famille ou en voyage en Europe.
"Ces gars sont passés par des moments difficiles ces dernières années", souligne l'entraîneur J.B. Bickerstaff, arrivé lui à l'été 2024 pour remplacer Monty Williams.
"Ils ont su rester soudés et ont continué à travailler dans la difficulté, c'est grâce à cela qu'ils en sont là aujourd'hui", les félicite le technicien.
- "Au sommet" -
Cunningham note lui que les Pistons "sortent tout juste du tunnel qui faisait de nous des perdants (...) On apprend à gagner".
Détroit gagne beaucoup, 13 matches d'affilée notamment entre fin octobre et novembre, impose ses qualités athlétiques et tient surtout le choc face aux autres grosses équipes de sa conférence.
Lundi, ils ont arraché un succès à domicile 104 à 103 face aux Boston Celtics, champions en 2024 et deuxièmes à l'Est (27v-16d).
Avec les succès viennent l'ambition et quelques superstitions: le logo rouge et bleu dessiné sur la moquette du vestiaire est devenu sacré, les journalistes qui ont le malheur de le piétiner après la rencontre sont rappelés à l'ordre avec courtoisie.
"C'est génial de contribuer à ce retournement de situation qui replace les Pistons au sommet", soit "à leur place", conclut Jalen Duren.
C.Abatescianni--IM