Jeux paralympiques: Marie Bochet, des sommets au chevet des Bleus
Elle n'a pas totalement abandonné les Jeux: deux ans après son départ à la retraite, l'octuple championne paralympique Marie Bochet est bien présente à Milan Cortina, non pas les skis aux pieds, mais dans les bottes de cheffe de mission auprès des Bleus.
Le cadre naturel majestueux de Fiames, au coeur des Dolomites, lui rappelle un peu celui de Whistler où elle fut hébergée lors des Jeux de Vancouver-2010. Voilà comment Marie Bochet, improvisée guide touristique du village paralympique, décrit l'immense lieu de vie provisoire des athlètes, pendant plus de 10 jours de compétition.
Comme à l'époque, au Canada, où elle vivait à 16 ans ses premiers Jeux paralympiques, l'ancienne championne de 32 ans, habit de la délégation tricolore sur le dos, loge dans ces chalets temporaires où "il y avait déjà les photos des propriétaires qui s'y installeraient plus tard".
Mais cette fois, pas question de s'aligner sur le site de la Tofane de Cortina.
Il y a quelques jours, "j'étais sur la reconnaissance, je me disais que cela donnait envie de mettre des skis, et en même temps je n'avais pas envie de mettre de dossard", dit-elle.
Pendant plus de 10 ans, la Savoyarde a été la figure majeure du ski alpin et du parasport français, cumulant huit titres paralympiques et pas moins de 22 titres de championne du monde.
En 2024, deux ans après des Jeux de Pékin éprouvants - avec tout de même une médaille d'argent obtenue - elle a mis un terme à sa carrière. Sans pour autant dire adieu au parasport, puisqu'elle est devenue en 2023 coprésidente de la commission des para-athlètes du CPSF, avant d'être désignée cheffe de mission en Italie.
"Elle a toujours été engagée au côté du comité, loue la présidente du CPSF, Marie-Amélie Le Fur. Il n'y a même pas eu débat sur le choix de son profil, car on ne pouvait pas rêver mieux".
- "A ma place" -
En bas de la piste pour féliciter la snowboardeuse Cécile Hernandez après son titre paralympique dimanche, ou pour soutenir les débuts d'Aurélie Richard, 20 ans, en ski alpin, Marie Bochet a à coeur de "partager (s)on expérience".
Même discipline, même handicap - une agénésie de l'avant bras gauche (absence d'une partie du membre) -, même sentiment de solitude consistant du fait d'être la seule Française engagée dans l'alpin... Bochet se revoit un peu en Richard, la benjamine de la délégation.
"Le jour où je me suis retrouvée au départ, avec toute cette équipe de France autour de moi, ça m'avait mis vachement de pression, ce sont des petites choses comme cela que j'ai pu lui faire partager", explique-t-elle.
"Elle a été là pour monter avec moi jusqu'au départ, samedi pour la descente, raconte Aurélie Richard, rien que sa présence est rassurante. Et elle m'a surtout dit avant les Jeux de ne pas trop me laisser avoir par tout ce qui peut se passer autour".
Auparavant, membre la plus âgée de l'équipe de France, "Marie a toujours été la grande soeur du groupe, complète le skieur Oscar Burnham, c'est un rôle qui lui va très bien".
Quand à la principale intéressée, elle semble également s'en être accommodée.
"Je leur dis un peu en les taquinant que la vie d'après peut aussi être très chouette. Je me sens vraiment à ma place, l'histoire continue différemment".
C.Abatescianni--IM