Ski: à Courchevel, un cinquième gros globe pour Odermatt et les adieux du doyen Adrien Théaux
Le génie suisse Marco Odermatt est assuré de remporter pour la cinquième année consécutive le classement général de la Coupe du monde de ski après sa troisième place vendredi dans la descente de Courchevel, remportée par l'Autrichien Vincent Kriechmayr.
La descente sur l'Eclipse marquait aussi la dernière course en Coupe du monde du doyen Adrien Théaux, skieur français qui a décidé de prendre sa retraite à 41 ans, après 335 départs en Coupe du monde.
En montant sur son 102e podium en Coupe du monde, Marco Odermatt cumule lui 1.590 points cette saison, soit 632 de plus que son premier poursuivant Lucas Pinheiro Braathen, et il est donc assuré mathématiquement, à six courses de la fin, de décrocher le gros globe de cristal. Il décroche par la même son troisième globe de la descente.
Le suspense était inexistant (Pinheiro Braathen ne court pas les épreuves de vitesse) mais le Suisse de 28 ans a écrit vendredi un peu plus l'histoire de son sport: seuls les Autrichiens Marcel Hirscher (8 entre 2012 et 2019) et Annemarie Möser-Proll (5 entre 1971 et 1975) ont réussi avant lui à remporter cinq fois de suite le classement général.
Avec 11 victoires cet hiver et 20 podiums en Coupe du monde, le polyvalent Odermatt a montré qu'il était le meilleur sur une saison entière, même s'il n'a pas réussi à remplir les deux gros objectifs qu'il s'était fixés: remporter la descente de Kitzbühel (2e) et celle des JO à Bormio (4e), d'où il est reparti sans aucune médaille d'or (deux médailles d'argent et une de bronze).
Vendredi, il ne s'est pas contenté d'une 9e place qui lui aurait assuré le gros globe. Dossard 14, il s'est élancé pour gagner mais a finalement été devancé (+31/100e) par l'Autrichien Kriechmayr tandis que l'Italien Giovanni Franzoni (+9/100e) complète le podium.
"Ca a été compliqué, je n'ai jamais été aussi fatigué à l'arrivée d'une descente", a affirmé le Suisse dans l'aire d'arrivée.
- Les adieux d'Adrien Théaux -
Les Français sont eux passés à côté de leur descente, avec pour meilleur résultat la 11e place de Nils Allègre.
Mais l'essentiel était ailleurs pour les Bleus, et pour tous les athlètes du circuit, qui ont dit au revoir à Adrien Théaux.
Le doyen du circuit a décidé de raccrocher les skis après la descente de Courchevel, à 41 ans et après 335 départs en Coupe du monde, dont 13 podiums entre 2010 et 2016 (trois victoires).
Cadre de l'équipe de France de vitesse depuis 15 ans, aux côtés notamment de Johan Clarey et de David Poisson, Adrien Théaux, également médaillé de bronze mondial en super-G en 2015, s'est élancé en dernière position et a pris le temps de savourer son ultime descente.
"Je ne pensais pas faire ma dernière course ici", a affirmé le skieur de Val Thorens, qui n'a pas réussi à se qualifier pour les finales en Norvège.
"Mais, finalement, je pense que je ne pouvais pas rêver mieux. J'ai passé 22 ans en Coupe du monde, toute ma vie sur les skis, c'est ma deuxième famille", a-t-il ajouté, ému, au micro du speaker dans l'aire d'arrivée, devant tous ses proches et ses coéquipiers, dont beaucoup en pleurs.
- "Un exemple" -
"C'est une belle page qui se tourne. Il mérite qu'on l'attende tous en bas et qu'on lui dise un dernier au revoir", avait souligné son compatriote Maxence Muzaton en début de journée.
La fin de carrière d'"Adri" n'a pas été épargnée par les blessures: fin 2021, alors qu'il revient juste d'une rupture du ligament croisé du genou droit, il chute à l'entraînement à Copper Mountain (Etats-Unis) et est victime de plusieurs factures qui le privent d'une participation à ses quatrièmes JO, à Pékin.
Depuis, il n'a pas réussi à retrouver son meilleur niveau malgré un dernier coup d'éclat quand il a terminé 9e de la descente de Val Gardena (Italie) en décembre.
"Il est revenu de choses très dures, de la perte d'un ami (son coéquipier David Poisson, décédé à l'entraînement en 2017), d'une fracture très complexe du tibia... Je retiens le guerrier et aussi l'ami", a déclaré Nils Allègre. "Je lui ai dit merci. Ca a été un exemple."
La Coupe du monde se poursuit samedi à Courchevel avec un super-G (11H00).
S.Carlevaro--IM