US Open: Rybakina nouvelle reine de New York et du circuit
Deux finales en 2026, et deux titres: Elena Rybakina a été sacrée samedi pour la première fois à l'US Open en détrônant la double lauréate Aryna Sabalenka, après lui avoir déjà ravi sa place de N.1 mondiale.
La Kazakhstanaise de 27 ans s'est imposée 6-4, 5-7, 6-2 face à Aryna Sabalenka, battue pour la deuxième fois de la saison par sa rivale en finale d'un Grand Chelem après l'Open d'Australie en janvier.
Elle remporte son troisième tournoi majeur, après Wimbledon en 2022, et un huitième succès en dix-huit confrontations, face à la Bélarusse de 28 ans, qui lui permet de s'affirmer un peu plus encore comme sa principale rivale sur le circuit.
Ce duel entre les deux meilleures joueuses du monde commence même à avoir des allures de classique. Rybakina a disputé trois de ses quatre finales en Grand Chelem face à la Bélarusse, pour deux victoires et une défaite à l'Open d'Australie en 2023.
"Félicitations pour ton année incroyable. J'aurais aimé jouer un peu mieux mais j'imagine que ce sera pour l'année prochaine", a lancé Sabalenka, des sanglots dans la voix sur l'estrade après sa défaite.
Ce nouveau revers expose encore un peu plus les failles de la native de Minsk en finale de Grand Chelem, quatre titres mais cinq finales perdues.
- Pas mieux qu'un huitième -
Un an avant sa défaite à Melbourne face à Rybakina, elle s'était aussi fait surprendre en finale de l'Open d'Australie par l'Américaine Madison Keys, avant de sombrer quatre mois plus tard face à Coco Gauff à Roland-Garros, commettant ce jour-là pas moins de 70 fautes directes. Gauff l'avait aussi battue en finale à New York en 2023.
Née à Moscou mais représentante du Kazakhstan sur le circuit depuis 2018, Rybakina n'avait jamais dépassé le cap des huitièmes de finale (2025) en huit participations. Et son abandon à Cincinnati juste avant l'US Open en raison de douleurs au pied gauche laissait craindre une issue identique.
"Je viens ici depuis dix ans et je n'avais jamais réussi. Je suis en train de tomber amoureuse de New York", s'est émerveillée Rybakina avant de recevoir le trophée et le chèque de 5,5 millions de dollars prévu pour la gagnante, une dotation record.
Sur le court Arthur-Ashe, tout a semblé sourire à Rybakina dans le premier set, au cours duquel il a fallu attendre sept jeux pour la voir commettre une faute directe.
Et même sevrée de première balle (28% de service dans le court), Sabalenka n'a jamais eu l'occasion de breaker dans le premier set. Pire, elle a cédé son engagement après une double-faute sans jamais parvenir à se défaire de l'avance de Rybakina.
- Raquette fracassée -
Le vent a un peu tourné dans le deuxième set, au cours duquel la Kazakhstanaise a eu plus de déchets (13 fautes directes contre 8). Sabalenka a réagi à l'orgueil, sauvant deux balles de break d'emblée avant de voir ses risques payés pour recoller à une manche partout.
Mais Rybakina n'a jamais perdu un match à New York après avoir remporté la première manche (13-0 avant la finale). Et cette règle s'est appliquée très vite pour elle, profitant des nombreuses erreurs (12).
Sabalenka avait la mine des mauvais jours, celles des défaites en finale. Elle s'est cachée sous sa serviette à plusieurs reprises, a pesté contre son box et crié sa frustration après les coups ratés.
Malgré les encouragements du Central pour la double championne en titre, Rybakina a breaké deux fois et s'est offert le titre sur son 12e ace du match.
Les yeux embués, la Bélarusse a félicité sa rivale avant de fracasser sa raquette assise sur son banc.
Après plus de deux ans au sommet du classement WTA, Sabalenka cède donc la place à Rybakina, ainsi que sa couronne de reine de New York. Elle lui succède aussi en devenant la troisième joueuse du 21e siècle à remporter l'Open d’Australie et l'US Open la même année, après Angelique Kerber (2016) et Aryna Sabalenka (2024).
V.Barbieri--IM