Il Messaggiere - Le calvaire "le plus inhumain" des esclaves africains en quête de justice à l'ONU

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Le calvaire "le plus inhumain" des esclaves africains en quête de justice à l'ONU
Le calvaire "le plus inhumain" des esclaves africains en quête de justice à l'ONU / Photo: SPENCER PLATT - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Le calvaire "le plus inhumain" des esclaves africains en quête de justice à l'ONU

L'Assemblée générale de l'ONU doit se prononcer mercredi sur une résolution désignant la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l'humanité, un combat porté par le Ghana qui y voit une première étape vers des excuses et la justice.

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Tête de file de l'Union africaine sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, le président ghanéen John Mahama a fait le déplacement à New York pour promouvoir ce texte jugé historique.

La résolution sera une "reconnaissance collective" du "calvaire de plus de 12,5 millions d'hommes, de femmes et d'enfants, dont les foyers, les communautés, les noms, les familles, les espoirs, les rêves, l'avenir et la vie ont été volés sur une période de 400 ans", a-t-il déclaré mardi à l'ONU.

Elle sera également "une protection contre l'oubli", a-t-il ajouté, avant de s'en prendre aux politiques d'aujourd'hui qui "normalisent tout doucement l'effacement", en particulier aux Etats-Unis où "des livres sur le sujet sont bannis des écoles, et des bibliothèques publiques".

Le projet de résolution, condamnant "l'injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité", déclare "la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains" comme "les plus graves crimes contre l'humanité".

Une conclusion qui met en avant l'ampleur du phénomène, sa durée, sa brutalité, son caractère systémique et ses conséquences encore visibles aujourd'hui dans un monde où les Africains et les personnes d'ascendance africaine subissent "discrimination raciale et néocolonialisme".

- Classer la souffrance? -

"Nommer ces atrocités clairement" est un moyen de dire que "ce qui a été fait aux Africains n'était pas un tragique accident de l'Histoire mais le résultat de politiques délibérées dont l'héritage structure les inégalités d'aujourd'hui", a commenté Amma Adomaa Twum-Amoah, commissaire de l'Union africaine pour le développement social. "La justice commence par appeler un chat un chat."

Mais le projet de résolution appelle aussi les Etats à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé.

"Les responsables de la traite transatlantique des esclaves sont connus, les Européens, les Etats-Unis, nous attendons qu'ils fassent tous des excuses formelles à l'Afrique", et pas des "excuses molles comme certains l'ont fait dans le passé", a déclaré à l'AFP le ministre ghanéen des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, accusant certains de ces responsables de "refuser de reconnaître leurs crimes".

Il plaide ensuite pour la mise en place de politiques pour lutter contre le "racisme structurel", pour "la restitution des artefacts pillés", et pour des "compensations" pour les descendants des victimes.

Le Ghana a reconnu que cette résolution était le résultat d'un compromis après des négociations intenses, certains pays soulevant notamment la question de la hiérarchie des souffrances.

Une critique balayée par le chef de la diplomatie ghanéenne. "Ce que nous disons c'est que quand vous regardez toutes les atrocités qui ont eu lieu dans l'Histoire de l'humanité, aucune autre n'a été aussi systémique, aussi longue, plus de 300 ans, avec des conséquences persistantes".

"Nous ne classons pas la douleur. Nous ne disons pas que notre souffrance a plus de valeur que la vôtre", assure-t-il.

L.Bernardi--IM