Bénéfice trimestriel record pour le géant taïwanais des puces TSMC, porté par l'IA
Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).
Le bénéfice net du groupe sur les trois premiers mois de l'année a bondi de 58,3 % sur un an, atteignant 572,5 milliards de dollars taïwanais (plus de 15,3 milliards d'euros). Ce résultat dépasse nettement les prévisions des analystes de Bloomberg, qui tablaient sur 540,2 milliards (environ 14,5 milliards d'euros).
La très forte demande en équipements pour l'intelligence artificielle (IA) explique ce chiffre record du plus grand fabricant mondial de puces électroniques, utilisées dans de très nombreux secteurs, depuis les téléphones Apple jusqu'aux processeurs de Nvidia.
La dépréciation du dollar taïwanais a également dopé les revenus de TSMC à l'export.
Le groupe a fait état jeudi d'un chiffre d'affaires de 1.130 milliards de dollars taïwanais (plus de 30,3 milliards d'euros) pour le premier trimestre, en hausse de 35,1% sur un an.
TSMC semble "si profondément intégré dans la chaîne d'approvisionnement de l'IA que les vents contraires macroéconomiques peinent à l'affecter", a affirmé peu avant l'annonce des résultats Ian Lyall, journaliste financier pour Proactive.
"La production de puces de pointe, une technologie que seul TSMC peut fournir de manière fiable à grande échelle, tourne à plein régime", a-t-il précisé.
M. Lyall a aussi rappelé que le groupe "fournit les puces pour les accélérateurs d'intelligence artificielle, les smartphones de nouvelle génération et le déploiement de centres de données, un secteur qui engloutit des capitaux à un rythme qui a surpris même les observateurs les plus optimistes".
Le mois dernier, le patron de Nvidia, Jensen Huang, soulignait que l'ensemble des acteurs de la tech pourraient développer leur IA et doper ses revenus "s'ils parvenaient simplement à obtenir davantage de capacités de production".
- Contraintes d'approvisionnements -
Dans une note, les analystes d'UBS avaient anticipé de solides résultats trimestriels, tout en avertissant que la demande s'essoufflait. En cause: la hausse des prix provoquée par une pénurie mondiale de puces mémoire, elle-même alimentée par le boom de l'IA.
"La demande pour l'IA dans le +cloud+ continue de se renforcer, mais nous pensons que les contraintes d'approvisionnement limiteront toute croissance significative pour TSMC cette année", tempère la banque.
Si "les tensions au Moyen-Orient ajoutent une part d'incertitude macroéconomique", UBS estime que "les investissements dans l'IA devraient rester sanctuarisés, à moins d'un conflit prolongé".
Les analystes d'UBS prédisent également "une perturbation limitée de la production de TSMC due à l'offre restreinte d'hélium".
Le Qatar produit environ un tiers de l'hélium mondial, qui transite habituellement par le détroit d'Ormuz.
L'hélium est utilisé par les fabricants de semi-conducteurs pour refroidir l'environnement de travail, mais sert aussi dans les secteurs de la défense, du spatial ou de l'imagerie médicale.
Wendell Huang, directeur financier de TSMC, a néanmoins affirmé jeudi ne pas s'attendre, à court terme, à un impact de la guerre au Moyen-Orient sur les activités du groupe.
"Nous nous approvisionnons auprès de multiples fournisseurs dans différentes régions et nous disposons de stocks de sécurité", a-t-il tenu à rassurer lors d'une conférence téléphonique.
R.Abate--IM